Espagne: difficile reconversion industrielle en Asturies (281091)
Oviedo, 28octobre(APIC) "La date du 23 octobre est un cri de douleur",
écrit Mgr Gabino Diaz Merchan, archevêque d’Oviedo, dans un message adressé
au gouvernement espagnol et à tous ses compatriotes, à l’occasion de la
grève générale qui a paralysé mercredi 23 octobre les Asturies. Dans une
lettre pastorale, Mgr Diaz Merchan met explicitement en cause les priorités
économiques des autorités de Madrid, dont il dénonce la "mentalité capitaliste".
En publiant sa lettre pastorale, l’archevêque a voulu faire savoir qu’il
partage l’inquiétude et les revendications de la classe ouvrière de la
communauté autonome des Asturies, dont Oviedo est la capitale. La grève générale du 23 octobre, suivie par 350’000 travailleurs, a été décrétée par
le principal syndicat de la région, afin de protester contre le processus
de désindustrialisation de la province d’Oviedo envisagé à Madrid et qui
touche durement les secteurs des charbonnages et de la sidérurgie.
Dans les Asturies, la reconversion industrielle a déjà coûté 30’000 emplois en dix ans et elle risque d’en provoquer 45’000 autres dans les trois
prochaines années. Dans sa lettre pastorale intitulée "Les Asturies à la
croisée des chemins", Mgr Diaz Merchan écrit que "cette région ne peut pas
faire l’objet d’une reconvertion opérée par l’Etat avec une mentalité purement capitaliste". Il faut au contraire, dit-il, "tenir compte des aspects
sociaux qui dérivent de ces mesures, afin de les pallier à l’avenir".
C’est une région sinistrée que décrit l’archevêque, puisqu’il constate
en outre que "les communications sont déficientes", tandis que le monde rural mérite lui aussi "une attention et un soutien particulier. Elle a besoin de projets concrets pour favoriser la modernisation et la rentabilité
de l’agriculture. Ce qui permet à Mgr Diaz Merchan d’affirmer que "la responsabilité de l’Etat est indéniable".
Mgr Diaz Merchan invite en conclusion ses concitoyens à réfléchir à
l’attitude à adopter face à ces problèmes. Il indique que la grève est "un
geste pacifique de solidarité qui doit être avant tout un antidote à notre
inertie sociale". Mgr Diaz Merchan, 62 ans, jouit d’une grande autorité en
Espagne. Président de la Conférence épiscopale de 1981 à 1987, il est l’un
des chefs de file de la tendance progressiste au sein de l’épiscopat. Il
est considéré comme un proche du cardinal Tarancon, l’ancien archevêque de
Madrid. (apic/cip/pr)