Espagne: des évêques catalans favorables à l’autodétermination (110991)
Barcelone, 11septembre(APIC) Plusieurs évêques catalans se sont exprimés
ces dernière semaines au sujet de la nécessité de créer une conférence
épiscopale catalane. Ces prises de positions, qui interviennent dans le cadre de la "fête nationale" catalane (11 septembre), s’ajoutent au débat politique sur les retombées en Catalogne de l’euphorie nationaliste en Europe
de l’Est. Débat encore relancé par l’éditorial du journal diocésain de Vic,
Solsona et Tarragone, favorable à l’autodétermination.
L’évêque de Solsona, Mgr Antonio Deig Clotet, a ainsi plaidé en faveur
de "l’autodétermination juridique de l’Eglise catalane à la Conférence
épiscopale espagnole". Celle-ci devrait déboucher, estime Mgr Deig, "sur la
création d’une Conférence épiscopale catalane indépendante sans en arriver
pour autant à une rupture avec Madrid".
L’évêque de Gérone, Mgr Jaume Camprodòn Rovira, lui a emboîté le pas, en
suggérant une étape intermédiaire: la création d’une région catalane (la
Catalogne est actuellement une province ecclésiastique).
Le directeur général des Affaires religieuses du gouvernement espagnol,
Dionisio LLamazares, a rappelé de son côté que les accords entre l’Etat espagnol et le Vatican signés en 1979 ne prévoient pas la création d’une conférence épiscopale.
Nationalismes pas morts
Le journal diocésain de Vic, Solsona et Tarragone va encore plus loin.
Dans son éditorial paru à l’occasion de la "fête nationale", on peut y lire: "C’est à nous, Catalans, et à personne d’autre de décider tôt ou tard
et par des voies pacifiques et démocratiques qui et ce que nous voulons
être et avec qui nous voulons et nous avons besoin de nous unir et de nous
solidariser".
Selon l’éditorialiste, "les nationalismes ne sont pas morts ni passés de
mode, ils se raniment au contraire, en même temps qu’ils s’élargissent. Les
horizons européens et mondiaux doivent aussi s’élargir".
Vocations tardives
Cet éditorial a été perçu par de larges secteurs politiques et journalistiques comme un appel à l’autodétermination de la Catalogne et à une révision de l’actuel cadre institutionnel, qui ne prévoit qu’un statut d’autodétermination pour la Catalogne.
La droite espagnole a vivement critiqué cet éditorial. Le ministre et
porte-parole du gouvernement socialiste, Rosa Conde, s’est contentée de son
côté de dénoncer "la vocation politique tardive" de certains évêques catalans". (apic/cip/sjb)