Espagne: Cinquième rencontre oecuménique européenne (051191)
même thème: la nouvelle évangélisation de l’Europe
Saint-Jacques-de-Compostelle, 5novembre(APIC) La cinquième rencontre oecuménique européenne organisée par la Conférence des Eglises européennes
(KEK) et le Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE) se tiendra du 12 au 18 novembre à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne). La rencontre, qui aura lieu à la veille du Synode spécial des évêques sur l’Europe à Rome (du 28 novembre au 14 décembre) aura pour thème, "Sur ta parole Mission et évangélisation aujourd’hui en Europe". Le projet, explique le
comité de préparation de la rencontre, est d’"aboutir à une confession commune de la foi et à une proclamation commune de l’Evangile". Les participants seront confrontés à de "nouveaux défits" issus de l’effondrement du
mur de Berlin et de l’état de sécularisation de l’Europe.
Les enjeux ne sont pas moindres: avec le nouveau climat de liberté que
connaît l’Europe, "les problèmes et les divisions d’hier ont plutôt été
exacerbés et constituent une menace pour la communion oecuménique". Ainsi,
par exemple, les conflits violents qui se vivent entre les catholiques et
les orthodoxes d’URSS, non seulement entre les Eglises locales, mais encore, "le dialogue au plan mondial entre l’Orthodoxie et l’Eglise romaine en
est gravement perturbé".
Un autre défi repose dans "l’unité pour l’évangélisation". Le projet de
"nouvelle évangélisation", qui regarde l’ensemble des Eglises chrétiennes
d’Europe, repose entièrement sur l’unité des chrétiens: "A mesure que grandit l’unité des chrétiens, grandit aussi la crédibilité de l’action missionnaire". Cette conversion au but commun signifie aussi que chaque Eglise
devra procéder à "une réforme intérieure pour surmonter les obstacles que
les Eglises elles-mêmes ont dressés sur le chemin de l’évangélisation".
Santiago: "un choix qui n’est pas insignifiant"
La rencontre de Saint-Jacques prend une tournure et une espérance nouvelle et montre une évolution: l’axe de l’évangélisation et de l’oecuménisme est très marqué. Pour l’Eglise catholique, "une nouvelle évangélisation
de l’Europe n’est possible que par la collaboration de toutes les Eglises".
Et pour la KEK, la nouvelle situation de "sécularisation et matérialisme de
la société de consommation crée une profonde insécurité, si bien que la foi
en l’indestructible salut offert par Dieu devient, d’une manière nouvelle,
une question de vie ou de mort".
Le choix de la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle, haut lieu de pèlerinage, "n’est pas insignifiant", comme l’explique le comité. C’est là que
fut lancé, il y a dix ans, le célèbre appel de Jean-Paul II à une "réévangélisation de l’Europe". "A l’époque, cet appel n’avait trouvé dans les milieux oecuméniques qu’un écho mitigé", relève la KEK en expliquant: "Comme
c’est Jean Paul II qui avait pris l’initiative, bien des Eglises craignaient que cet appel ne s’adresse qu’à l’Eglise catholique romaine". D’où
l’effort de la KEK et du CCEE: "A Saint-Jacques, il ne s’agira pas de viser
le renforcement de telle ou telle Eglise, mais plutôt d’aplanir le chemin
vers une une nouvelle communion des chrétiens".
La KEK et le CCEE: un soucis oecuménique de longue date
La KEK, fondée en 1959, regroupe des membres de la plupart des Eglises
non catholiques d’Europe et le CCEE, constitué à la fin du Concile Vatican
II, en 1965, regroupe les Conférences épiscopales de tous les pays d’Europe, à l’exeption de l’Albanie. La première rencontre entre les deux associations s’est déroulée en 1962. Depuis, un comité mixte CCEE/KEK se réunit
une fois par an. Il faut noter le grand Rassemblement oecuménique européen
de Bâle, "Justice et paix", en 1989, et qui fut, aux dire des membres du
comité, un "moment lumineux" pour l’Europe, qui n’aurait pas eu lieu sans
l’oeuvre de rapprochement déjà opérée par les rencontres du comité.
Les fondations de la confession de foi commune attendue à Saint-Jacquesde-Compostelle, ont été posées depuis longtemps. Lors de la Troisième Rencontre oecuménique européenne à Riva del Garda/Trente (Italie) en 1984, la
KEK et le CCEE avaient entrepris ensemble une explication du Credo de Nicée-Constantinople et ont confessé ce dernier dans le cadre d’une grande
célébration à la cathédrale de Trente, réunissant orthodoxes, catholiques
et protestants.
La rencontre de Compostelle sera entrecoupée de prières et d’offices
dans les différents cultes. Le maire de Santiago, le président du Conseil
de la Galice et l’archevêque de Santiago présideront la session d’ouverture. Les journées seront découpées en Assemblées plénières et groupes de réflexion. Une grande place sera donnée aux intervenants venus d’Europe centrale et orientale. (apic/com/ap)