La "théologie noire africaine" à l’ordre du jour
Barcelone, 7septembre(APIC) Plusieurs personnalités du monde politique et
de l’Eglise, dont le maire socialiste de Madrid, Juan Barranco, l’avocate
Christina Almeida, le chanoine de Malaga José Maria Gonzalez Ruiz, le théologien de la libération Ignacio Ellacuria ainsi que les fondateurs de
"Chrétiens pour le Socialisme", Giulio Girardi et Juan Garcia Nieto, ont
ouvert mercredi 7 septembre, à Madrid, le 8ème Congrès théologique organisé
par l’Association des Théologiens de Juan XXIII. Cette association de théologiens progressistes et la Conférence épiscopale espagnole entretiennent
des rapports tendus depuis quelques années.
Si les précédentes réunions concentraient presque exclusivement leur attention sur l’Espagne et sur l’Amérique latine, ce congrès présentera cette
année une ouverture sur l’Afrique. Le père dominicain Juan Bosch s’exprimera en effet sur la "Théologie noire africaine". L’évêque de Muesca, Mgr Javier Osés, présentera pour sa part une réflexion sur "Prophétisme et institution dans l’Eglise". Il étudiera notamment "le présent et le futur des
utopies sociales ainsi que le prophétisme dans l’Eglise, en relation avec
le 20ème anniversaire de mai 68 qui donna un second souffle aux utopies".
Selon le théologien Juan José Tamayo, membre de l’Association Jean XXIII, "l’utopie dans notre société souffre d’une certaine déterioration en ce
moment: aujourd’hui les positions néo-conservatrices priment". Pour ce dernier, "le prophétisme est actuellement marginalisé, il est de plus exclu de
l’Eglise-institution. Ce congrès a l’intention de dynamiser le travail prophétique de l’Eglise et de justifier le devoir de tout croyant de maintenir
ferme l’utopie d’une société et d’une Eglise nouvelle".
Ce 8ème congrès intervient au moment ou la Conférence épiscopale
espagnole et l’Association des théologiens de Jean XXIII sont en situation
conflictuelle. Les négociations tendant à un rapprochement des positions
sont suspendues depuis une année. Un document de la Commission épiscopale
sur la foi paru le 26 mai dernier analyse en effet les "formes incorrectes
de faire la théologie", ainsi que les "situations pathologiques qui demanderaient des rectifications, ou, tout au moins, de la vigilance et de la
précaution". Même si le document ne cite personne, les observateurs le mettent en relation avec l’Association Jean XXIII.(apic/cr/pr)