Le nouveau catéchisme: "une curiosité historique"
Barcelone, 16mars(APIC) Dix-huit professeurs de la Faculté de théologie
de Catalogne de Barcelone viennent de publier, à l’occasion du 25e anniversaire de la création de leur institution, un document très critique sur
certains aspects de la pensée officielle de l’Eglise catholique.
Sans avoir "aucunement la prétention d’exercer un magistère parallèle",
les théologiens estiment devoir contribuer à l’opinion publique dans
l’Eglise et s’adresser à toute la société. Constatant que l’on confond trop
souvent les termes ’Eglise’ et ’hiérarchie’, ils soulignent "qu’on ne peut
nier la coresponsabilité en l’enfermant dans la hiérarchie (...) ni ignorer
le principe de subsidiarité".
Le nouveau catéchisme est aux yeux des théologiens catalans, "une nouvelle preuve de l’absence de pensée critique et d’un sain pluralisme dans
l’Eglise. Ils se disent convaincus que, comme les précédents, le catéchisme
est appelé "à devenir inévitablement une curiosité historique". Ils regrettent en particulier que le nouveau catéchisme "n’ait pas définitivement
banni la légitimation morale de la peine de mort".
A propos des femmes, ils constatent que celles-ci "sont marginalisées
dans la direction et la gestion de l’Eglise" alors qu’il n’existe "aucun
argument théologique suffisamment solide leur interdisant l’accès aux ministères ordonnés". "Toute discrimination est contraire à l’Evangile", soulignent-ils.
Autre point discuté, celui de la confession individuelle. Les théologiens catalans considèrent que beaucoup de croyants éprouvent un décalage
entre les symboles et le langage chrétien "faute d’une adaptation en
fonction de la communauté et du contexte culturel". Pourtant, constatentils, "ces dernières années ont été caractérisées par un effort considérable
de révision des arguments théologiques et par un effort pour bâtir une célébration communautaire qui trouve sa pleine expression dans l’absolution
collective comme étant la forme usuelle la plus appropriée pour beaucoup de
nos communautés".
Pour lutter contre la xénophobie, il faut un approfondissement du dialogue interreligieux et oecuménique. A propos du nationalisme, les théologiens notent que "la Catalogne, nation sans Etat, a retrouvé son plein redressement par des voies pacifiques et respectueuses, mais reste exigeante
sur ses droits inaléniables en tant que peuple". (apic/cip/mp)