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    Vives condamnations de la Conférence épiscopale

    Equateur: Une foule emmenée par deux prêtres boute le feu à une église évangélique

    Quito, 10 mars 1998 (APIC) Une foule d’un millier de personnes entraînées par deux prêtres et une religieuse catholiques ont détruit en l’incendiant la seule église évangélique de El Quinche, un village situé non loin de la capitale de l’Equateur, Quito. Les faits remontent au 2 mars. La Conférence épiscopale équatorienne ainsi que la Fraternité évangélique du pays ont tous deux vivement condamné cet acte, dans un communiqué publié en commun.

    Marco Cruz, pasteur de l’église du bon pasteur, complètement détruite, a précisé qu’il n’y avait pas eu de victimes. Les 14 fidèles présents dans l’église ont eu le temps de s’enfuir. Les dommages se montent à plus de 40 000 dollars.

    Selon l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC), que reprend l’Agence œcuménique ENI, la foule a mis le feu à l’église parce qu’elle ne voulait pas d’une secte dans la région, connue pour sa dévotion à la Vierge de El Quinche.

    D’après le rapport de la police, les six policiers sur place au moment de l’incendie ont déclaré n’avoir pu intervenir car les manifestants étaient plus de mille. Cette église est ouverte depuis cinq ans, mais l’hostilité des catholiques s’est intensifiée lorsqu’ils ont appris que la communauté évangélique envisageait de construire une église plus grande, permettant d’accueillir 500 personnes.

    Selon les témoins deux prêtres catholiques menaient l’attaque et incitaient la population à la violence. D’autres ont affirmé avoir vu une religieuse déchirer les pages de la Bible de l’église évangélique et les jeter aux flammes.

    "Ni chrétien ni juste"

    La Fraternité évangélique équatorienne, dirigée par le pasteur Lopez, a aussitôt condamné cette action et demandé des explications à l’Eglise catholique. Cette dernière n’a du reste pas tardé à réagir. Dans un communiqué commun publié le 5 mars, l’Eglise catholique et la Fraternité évangélique équatorienne ont déploré ce grave incident.

    Le secrétaire général de la Conférence épiscopale équatorienne, Mgr Antonio Arregi, évêque d’Ibarra a exprimé le souhait de voir les catholiques et les évangéliques s’acheminer vers la réconciliation. "Nous ne voulons pas que de telles violences se répètent", a-t-il ajouté.

    De son côté, l’archevêque de Quito, Mgr Antonio José Gonzàlez Zumàrraga, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que ce qui s’est passé à El Quinche n’est ni "ni chrétien ni juste".

    L’évêque d’Ibarra, connaissant personnellement l’abbé Conde, l’un des prêtres impliqués, ne l’imaginait pas prendre la tête d’une foule déchaînée. Il a indiqué qu’une enquête était en cours, et que des sanctions seraient prises, si la participation du prêtre était prouvée.

    Le pasteur Lopez a déclaré la Fraternité évangélique avait décidé de ne pas intenter un procès, par souci d’unité et dans le but de régler le problème pacifiquement. La paroisse catholique de El Quinche s’est d’ailleurs engagée à indemniser la communauté évangélique pour les dommages subis. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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