Quito, 17juillet(APIC) Celui que la revue espagnole "Ecclesia" a qualifié
de "nouveau Bartolomé de Las Casas, Mgr Leonidas Proano, continue de susciter la controverse. Selon divers échos recueillis dans la presse équatorienne, certains milieux catholiques tentent de "desproanizar", c’est-à-dire d’effacer les traces de Proano dans l’Eglise.
Décédé le 31 août 1988 à l’âge de 78 ans, "l’évêque des indiens" a toujours défendu le droit des indiens à la terre de leurs ancêtres et à la
sauvegarde de leur culture. "Ceux qui l’ont combattu vivant essayent maintenant de déformer son oeuvre, de diviser ceux qui la continuent ou de les
remplacer par des conservateurs, et de déprécier le ministère pastoral auprès des indiens", estiment certains commentateurs.
Avant sa mort, l’évêque émérite de Riobamba, Leonidas Proano, avait fondé le Centre de formation des missionnaires indigènes et la Fondation du
peuple indien, auxquels il remit ses biens par testament. Ces décisions
sont maintenant attaquées en Justice, et la soeur supérieure du Centre de
formation est accusée d’être "Guérillera".
Selon le quotidien "Hoy" de Quito, la Conférence épiscopale équatorienne
- qui n’avait appuyé que du bout des lèvres Proano dans son travail comme
directeur du Département de la pastorale indigène - a désigné pour lui succéder un "évêque qui traite les indiens avec dédain". Le quotidien relève
notamment que l’évêque en question a délégué à cette responsabilité à un
prêtre espagnol de "tendance élitiste et conservatrice". (apic/spi/pr)