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    Critiques à l’égard de la politique de Violeta Chamorro

    Entretien avec l’archevêque de Managua, le cardinal Obando Bravo (020890)

    Bonn, 02août(APIC) L’archevêque de Managua, le cardinal Miguel Obando

    Bravo, a reproché à la présidente du Nicaragua Violeta Chamorro de ne pas

    tenir compte de la volonté du peuple en acceptant de coopérer avec le parti

    sandiniste FSLN. "Le peuple a dans sa grande majorité voté pour un changement politique, c’est-à-dire contre les sandinistes", a affirmé le cardinal

    lors d’un entretien accordé mercredi à un correspondant de l’agence APIC à

    Bonn.

    "Il n’est pas étonnant que règne l’agitation dans le peuple si la présidente ne respecte pas sa volonté et partage le pouvoir avec les sandinistes", s’est exclamé Mgr Obando Bravo. L’archevêque de Managua a critiqué

    le fait que Violeta Chamorro ressent manifestement une "certaine sympathie"

    envers les sandinistes.

    Rôle important de l’Eglise dans le changement politique

    Le cardinal Obando Bravo a souligné l’importante contribution des évêques nicaraguayens à la pacification du pays: le changement de régime est

    dû en partie à l’engagement de l’Eglise, qui a aussi joué un rôle dans le

    désarmement de la Contra. Les sandinistes par contre ont toujours beaucoup

    de pouvoir au Nicaragua: "Ils sont plus puissants que le gouvernement. Ils

    possèdent l’armée, la police et la sécurité d’Etat, qu’ils ont intégrée

    dans l’armée et la police avant les élections. D’importantes entreprises

    leur appartiennent également". Ils utilisent leur pouvoir pour faire de la

    politique à leur gré, accuse le cardinal.

    Mgr Obando Bravo a déclaré que l’ancien président Daniel Ortega s’était

    personnellement proposé de mettre en oeuvre une phase de paix pour le Nicaragua; deux semaines plus tard, les sandinistes commençaient une grève générale et érigeaient des barricades. Comme archevêque, le cardinal Obando

    Bravo n’est pas directement intervenu dans le récent conflit, se trouvant

    en Colombie à l’époque de la grève. Il a cherché à agir uniquement par des

    messages dans les médias.

    L’archevêque de Managua rend les activistes sandinistes responsables de

    l’escalade de la violence au Nicaragua durant ces dernières semaines. Ils

    ont érigé des barricades et endommagé des propriétés privées. La Contra,

    par contre, n’est pas intervenue. (apic/kna/am/cor)

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