Engagement politique et Théologie de la Libération: (111287)
Rome, 11décembre(APIC) Les jésuites et la théologie de la libération,
l’engagement politique, l’apostolat en Chine, le généralat à vie, les relations avec le St-Siège: ce sont-là les thèmes abordés dans une interview
accordée à l’hebdomadaire italien "Famiglia cristiana" par le Préposé
général de la Compagnie de Jésus, le P. Peter-Hans Kolvenbach.
Première constatation selon le Général des jésuites: "La Compagnie est
en bonne santé". Certes, "Dans la mesure ou la promotion de la justice
était présentée avec l’intention de séculariser la Compagnie et dans la mesure ou cette promotion était enveloppée d’idéologie marxiste, elle n’était
pas acceptable...,mais aujourd’hui un jésuite s’opposerait à l’enseignement
social de l’Eglise s’il ne cherchait à concrétiser sa dimension évangélique
dans toutes formes d’apostolats, chacun selon sa vocation personnelle et sa
propre vision".
Pas question, par conséquent, de s’engager directement en politique ou
dans un mouvement syndical: "Même si dans l’histoire, il y a eu des cas de
clercs engagés directement, je crois qu’aujourd’hui cela n’est plus admissible d’autant plus que le laïcat sait très bien accomplir ces tâches". Cela l’amène à parler du P. Fernando Cardenal, ministre de l’éducation au Nicaragua, exclu de la Compagnie: "Je peux comprendre les raisons d’un objecteur de conscience, mais il ne doit pas prétendre imposer ses raisons à
l’institution qu’il conteste".
A propos de la théologie de la libération: "Après un document qui en
condamne certains aspects, le St-Siège a illustré dans un second document,
le caratère positif et le lien qui unit la foi pascale et la liberté, et la
libération de l’homme. L’homme n’est pas fatalement condamné à se résigner
à la misère et à l’injustice. Dans le Seigneur ressuscité, l’homme parvient
à la libération du péché et de la mort dont les libérations de notre temps
sont des signes partiels, mais réels". Toutefois il ajoute "qu’il serait
dommageable que les théologies de l’Asie et de l’Afrique se contentent de
copier telle quelle la théologie de la libération de l’Amérique latine".
Peut-on parler d’un grand retour des jésuites en Chine? "Je ne parlerais
pas de grand retour, ce qui d’ailleurs ne dépend pas de la Compagnie, il y
a par contre des possibilités d’aides que la Compagnie met volontiers en
oeuvre. La Chine a faim de connaissances technologiques et d’échanges culturels et nous nous lui répondons par nos universités et des échanges de
professeurs. Des jésuites qui parlent le chinois et connaissent bien la
culture chinoise sont invités par les autorités de Pékin à enseigner dans
les universités chinoises".
Le généralat à vie? "Je crois qu’un généralat à temps déterminé ne serait pas conforme à l’intention de St Ignace, d’autre part je constate que
même les évêques donnent leur démission à 75 ans, le problème est à l’étude
depuis plusieurs années, mais cela ne dépend pas de nous, mais du Saint
Père". Les relations avec le pape? "La compagnie n’a pas d’autres raisons
d’être que de servir le Seigneur dans son Eglise sous le vicaire du Christ
sur la terre." (apic/ddt/bd)