Enfants des rues: l’EPER interpelle et lance son programme d’action
espoir et dignité aux enfants abandonnés
Lausanne, 4novembre(APIC) Ils seraient 40 millions à vivre dans ou de la
rue. 40 millions d’enfants coupables d’être nés pauvres dans des pays parmi
les plus pauvres de la planète. La rue leur sert de maison, d’école, de
terrains de jeux. Elle leur donne des moyens de survivre, mais elle tue
aussi. Apporter un peu d’espérance, redonner une dignité à ces enfants des
rues par des projets qui vont au-delà de la simple aide matérielle, tels
sont les buts poursuivis par le programme de parrainages de l’Entraide protestante suisse (EPER).
Partout et de tout temps, le problème des enfants livrés à la rue plonge
ses racines à la même cause: la pauvreté. Au siècle dernier, les romans de
Dickens décrivaient la dure condition de ce petit peuple des rues. Mais si,
dans les romans, l’épilogue est souvent heureux, dans la réalité il en va
autrement. Abandonnés par leur famille incapable de les nourrir, contraints
aussi de subvenir en partie aux besoins de leur famille, les enfants des
rues sont aujourd’hui exposés à des dangers que l’imagination du romancier
anglais aurait eu peine à concevoir.
Au Brésil, les escadrons de la mort (milices privées agissant avec la
complaisance des forces de police) se chargent de "nettoyer" les rues. Des
rapports d’organisation de protection de l’enfance font état chaque année
de centaines d’enfants assassinés, disparus ou torturés. En Amérique latine, en Inde, d’autres organisations dénoncent le trafic d’organes dont les
enfants abandonnés sont victimes. Prostitution enfantine aux Philippines ou
en Thaïlande, exploitation, faim, drogue, violences..., la liste n’est pas
exhaustive. Si les spécialistes s’accordent sur les causes, ils sont aussi
unanimes sur les remèdes: scolarisation et formation.
Un projet original
En Uruguay, un programme original, fondé sur une approche pédagogique du
problème, a été mis sur pied en 1986. "Jeunesse pour Christ", membre de
l’Association des organisations non-gouvernementales uruguayennes, a participé à la création de "Gurises Unidos" (Gamins unis). Ce projet, soutenu
par l’EPER, tente d’aborder la situation des enfants des rues sous tous ses
aspects: familles, écoles, quartiers, police, juges des mineurs, Eglises,
presse, etc.
Pour empoigner la question de la violence, corollaire au problème des
enfants des rues, "Gurises unidos" tente aujourd’hui de socialiser les enfants en leur donnant une place dans la société. Des micro-projets ont ainsi vu le jour. Ils permettent aux jeunes d’acquérir, dans l’environnement
qui est le leur, les rudiments d’une formation.
Les jardiniers de l’espoir
Le nettoyage des plages, par exemple, fait partie des projets proposés.
Ce travail d’utilité publique, rémunéré par la Municipalité de Montevideo,
correspond au besoin de liberté constaté chez ces adolescents. Une coopérative de jardiniers a également été créée. Neuf adolescents prennent soin de
jardins privés et des parcs publics. Ils ont sur leur carnet de commandes
une soixantaine de clients. Des clubs pour les enfants de 3 à 12 ans, lieux
de dialogue et de rencontre, ont également été mis sur pied. Fondés sur une
pédagogie de la participation, tous ces projets ont pour but de valoriser
l’enfant ou le jeune.
Donner et faire confiance
Dans le cadre de ce vaste problème, "Terre Nouvelle", la publication
commune de l’EPER, Pain pour le prochain et du Département missionnaire des
Eglises protestantes de Suisse romande, consacre son dossier de novembre
aux enfants de la rue en Roumanie, Brésil, Uruguay, Philippines, Vietnam.
Témoignages, analyses, réalisations concrètes permettent de mesurer l’ampleur de la question et les besoins à couvrir.
Sur tous les continents, dans plusieurs pays, l’EPER soutient, par l’intermédiaire de ses partenaires (les Eglises locales), des programmes d’aide
aux enfants. Pour mener à bien ces actions, l’EPER tisse des liens de solidarité par le biais des parrainages. Par ailleurs, l’oeuvre d’entraide des
Eglises protestantes de Suisse lancera prochainement sa campagne annuelle.
Sur le thème "Donner et faire confiance pour que vive l’espérance", des affiches dans les bus et les trains, ainsi que des annonces dans la presse
viendront rappeler l’engagement de l’EPER et de ses partenaires. (apic/spppr)