Encyclique (3)
échanges des technologies et de leur bon usage; la nécessité d’une révision
de la structure des organisations internationales existantes, dans le cadre
d’un ordre juridique international".
Aux pays en voie de développement, le pape indique quelques priorités,
après les avoir invités à un esprit d’initiative: veiller à
l’épanouissement de tout citoyen "par l’acces a une culture plus
approfondie et a une libre circulation des informations", augmen- ter la
production alimentaire pour assurer une autonomie et meme devenir
exportateurs, reformer certaines structures injustes et notamment mettre en
place des regimes democratiques favorisant la participation, constituer de
nouvelles organisations regionales afin d’etre moins dependants de
producteurs plus puissants.
une nouvelle conception du developpement
Dans la conclusion du document (ch. vii), jean paul ii evoque la
liberation comme categorie fondamentale et premier principe d’action pour
aborder les problemes de la misere et du sous-develop- pement. le magistere
en a signale les valeurs positives, mais aussi les deviations.
"un developpement purement economique ne parvient pas a liberer
l’homme, insiste le pape, au contraire, il finit par l’asservir davantage.
un developpement qui n’integre pas les dimensions cultu- relles,
transcendantes et religieuses de l’homme et de la societe contribue
d’autant moins a la liberation authentique qu’il ne recon- nait pas
l’existence de ces dimensions et qu’il n’oriente pas vers elles ses propres
objectifs... l’obstacle a surmonter pour une veritable liberation, c’est le
peche et les structures qui en resultent au fur et a mesure qu’il se
multiplie et s’etend."
Plus loin, le pape souligne que la situation actuelle ne doit pas
désesperer. L’Eglise croit qu’une véritable libération est possible, et elle croit en l’homme. "C’est pourquoi ni le désespoir, ni le pessimisme ni
la passivité ne peuvent se justifier, écrit Jean Paul II. (...) de même que
l’on peut pécher par égoïsme, par appétit excessif du gain et du pouvoir,
on peut aussi commettre des fautes... par crainte, par indécision et, au
fond, par lâcheté."
C’est un terrible défi qu’il s’agit de relever, face à des dangers menaçant comme une crise économique mondiale et "une guerre sans frontières,
sans vainqueurs ni vaincus". Mais cette motivation n’est pas la seule, ni
la principale : ce qui est en jeu, c’est la dignité de la personne humaine.
L’appel de Jean Paul II s’adresse donc à chacun. Mais "dans cet effort,
les fils et les filles de l’Eglise doivent être des exemples et des guides". Le pape s’adresse aussi à toutes les confessions chrétiennes et à
ceux qui partagent avec elles l’héritage d’Abraham : les juifs et les musulmans. Il évoque la rencontre de prière interreligieuse d’Assise, qui "a
fait apparaître à quel point la paix et sa condition nécessaire, le développement "de tout l’homme et de tous les hommes", sont aussi un problème
religieux, et à quel point la réalisation intégrale de l’une et de l’autre
dépend de notre fidélité à notre vocation d’hommes et de femmes croyants.
Car elle dépend, avant tout, de Dieu".
En terminant, le pape souligne l’importance de l’Eucharistie, ou est
rendu présent le Royaume de Dieu et qui révèle au chrétien le sens profond
de son action dans le monde. A l’occasion de l’Annee Mariale, il confie à
la Vierge la difficile conjoncture actuelle et les efforts que l’on fait et
que l’on fera pour contribuer au vrai développement. (apic/cip/bd)