Encadré
le nouveau "Catéchisme de l’Eglise catholique" comporte 2’865 paragraphes
et près de 700 pages. Il s’agit pour l’Eglise catholique de garder le "dépôt de la foi". L’accent de ce catéchisme porte ainsi sur l’exposé doctrinal, mais il ne se propose pas de réaliser les adaptations de cet exposé et
des méthodes catéchétiques exigées par les différences de culture, d’âge,
de maturité spirituelle, de situation sociale et ecclésiale de ceux à qui
s’adresse la catéchèse. Ces adaptations indispensables relèvent des catéchismes appropriés rédigés au niveau local ou régional.
Ce nouveau catéchisme universel se présente comme un exposé organique de
la foi de l’Eglise et de la doctrine catholique. Sa structure reprend le
schéma traditionnel déjà suivi par le catéchisme de saint Pie V, en articulant le contenu en quatre parties: le Credo ou profession de la foi; la
sainte liturgie, avec les sacrements au premier plan; l’agir chrétien, exposé à partir des commandements; et enfin la prière chrétienne. Le pape
Jean Paul II, qui l’a approuvé le 25 juin dernier, le qualifie de "norme
sûre pour l’enseignement de la foi". Ce catéchisme n’est pas destiné à remplacer les catéchismes locaux dûment approuvés par les autorités ecclésiastiques, les évêques diocésains et les Conférences épiscopales, surtout
lorsqu’ils ont reçu l’approbation romaine.
Prise en compte des défis de la vie moderne
Le nouveau catéchisme romain, s’il garde les thèmes traditionnels - il
n’y a pas de "nouveautés" en ce qui concerne la morale sexuelle et familiale - n’est pas une simple répétition des catéchismes du passé. Il aborde de
nombreuses questions qui se posent à nos contemporains dans leur vie quotidienne et tient compte des réalités nouvelles, comme les risques de la biogénétique, le terrorisme, les prises d’otages ou le trafic, la production
ou la consommation de drogue, la conduite en état d’ivresse ou le goût
immodéré pour la vitesse.
Il ressort dans le chapitre sur la communauté humaine que la société est
indispensable à la réalisation de la vocation humaine, mais la personne humaine est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales. Là où le péché pervertit le climat social, note le catéchisme, "il faut faire appel à la conversion des coeurs et à la grâce de
Dieu. La charité pousse à de justes réformes. Il n’y a pas de solution à la
question sociale en dehors de l’Evangile".
Participation à la vie sociale et légitimité des autorités
Dans l’approche du nouveau catéchisme, le citoyen ne peut se contenter
d’être un consommateur passif, mais il doit au contraire se montrer actif
dans la société, participer aux choix politiques de la communauté, payer
ses impôts, exercer son droit de vote, manifester la solidarité humaine à
tous les échelons... Le catéchisme invite les chrétiens à être honnêtes, à
refuser la corruption, la spéculation, la fraude fiscale et les fausses
factures.
Si la nécessité de l’autorité est soulignée, le catéchisme légitime le
refus d’obéir à des pouvoirs civils qui édicteraient des lois injustes ou
prendraient des mesures contraires à l’ordre moral.
Le recours aux armes
Concernant la légitime défense et le recours aux armes en cas d’agression, le catéchisme estime qu’"aussi longtemps que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une
fois épuisées toutes les possibilités de règlements pacifiques, le droit de
légitime défense". Mais l’utilisation de la force militaire est soumise à
des conditions rigoureuses de légitimité morale. Les pouvoirs publics, dans
ce cas, ont le droit et le devoir d’imposer aux citoyens les obligations
nécessaires à la défense nationale, mais résoudront équitablement le cas
des objecteurs de conscience qui refusent l’emploi des armes.
Le nouveau catéchisme condamne l’obéissance aveugle à des commandements
ne respectant pas les droits fondamentaux et la dignité humaine, et considère comme un péché mortel l’extermination d’un peuple, d’une nation ou
d’une minorité ethnique. On est moralement tenu de résister aux ordres qui
commandent un génocide. Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la
destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants,
"est un crime contre Dieu et contre l’homme lui-même". Un risque de la
guerre moderne est de fournir l’occasion aux détenteurs des armes scientifiques - notamment atomiques, biologiques ou chimiques - de commettre de
tels crimes. Les autorités ont en outre le droit et le devoir de réglementer la production et le commerce des armes.
Il existe également un droit à résister à l’oppression par les armes si
se trouvent réunies un certain nombre de conditions comme des violations
certaines, graves et prolongées des droits fondamentaux, si on a épuisé
tous les autres recours, si l’on ne provoque pas des désordres pires et
pour autant qu’il y ait un espoir fondé de réussite.
Respect de la vie
L’article concernant le respect de la vie humaine condamne également
fermement l’avortement provoqué: "La coopération formelle à un avortement
constitue une faute grave. L’Eglise sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine". Outre l’avortement, l’euthanasie directe et le suicide, les manipulations génétiques sont aussi condamnées, tout comme les mutilations, amputations, stérilisations ou tortures infligées à des personnes. (apic/be)