Le Consistoire, Mgr Schwery l’a vécu "de l’intérieur", même si "le dernier
bout de chemin était très temporel, très terrestre: il fallait marcher, ne
pas mettre les pieds dans la soutane, laisser passer les ambassadeurs,
constater que là où d’habitude on devait faire des courbette, les gens se
mettaient à genoux devant vous. C’était assez impressionnant, ce n’est pas
ce que j’ai appris étant gosse".
Mais "dès qu’on est entré dans l’Aula Paul VI, les nouveaux cardinaux,
c’était plutôt calme entre nous: on avait l’impression que c’était un tas
de petits nouveaux qui se préparaient à la première communion: c’est très
impressionnant". " Quand on est entré dans la salle du Consistoire et que
la célébration liturgique a commencé, je me suis senti véritablement en
pleine prière. J’ai prié pendant deux heures, en pleine communion d’abord
avec le successeur de Pierre".
"J’étais très impressionné par mon voisin de gauche non-immédiat, le
cardinal de Shangai, que je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir salué,
approuvé et applaudi", a relevé Mgr Schwery. Ca donne une intonation à
l’ensemble: lorsque le pape ou le cardinal Sodano rappellent que la pourpre
cardinalice signifie quelque chose, ça a l’air d’être de la poésie. Quand
on voit qu’il y en a d’autres à hauteur de nous qui ont déjà payé plus cher
que ça, ça fait réfléchir".
Ce qu’il va faire à Rome, l’évêque de Sion ne le sait pas encore: "Je
n’ai encore aucune idée de ce que je vais faire à Rome. C’est peut-être ça
qui est le plus sympathique finalement aussi du point de vue surnaturel: on
m’appelle à être plus proche du successeur de Pierre, à me mettre à sa disposition tout en me disant: ’Tu restes évêque de Sion’".
La ferveur des Valaisans qui l’ont accompagné a touché le nouveau cardinal: "Je suis très ému. Je n’osais presque pas descendre dans la cour tout
à l’heure à huit heures (avant la réception à la Garde suisse, ndlr) quand
j’ai vu tout ce monde. C’est un témoignage d’amitié, de soutien qui fait
rudement du bien ! Pour moi, c’est le témoignage de tout un diocèse qui est
avec moi et qui prie avec moi. Cela revêt une dimension humaine et surnaturelle. Ca fait plaisir" et surtout "c’est un nouveau départ", a conclu le
nouveau cardinal avec enthousiasme. (apic/cor)