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Violation du cinquième commandement et du serment d’Hippocrate
Lucerne/Mayence, 16 avril 2001 (APIC) La décision des Pays-Bas de légaliser l’euthanasie active directe risque fort d’influencer les autres pays d’Europe de l’Ouest et de leur faire perdre le sens du caractère sacré de la vie, avertit Christian Kissling, secrétaire de la Commission Justice et Paix des évêques suisses. Le cardinal Karl Lehmann, président de l’épiscopat allemand, a une nouvelle fois qualifié l’euthanasie active d’"inhumaine, et de violation du cinquième commandement du décalogue et du serment d’Hippocrate.
"Le spectre de l’euthanasie menace la pratique médicale quotidienne" poursuit l’éthicien lucernois dans l’édition de jeudi 12 avril du quotidien lucernois "Luzernertagblatt". La mort risque de devenir un geste sur commande et la vie "un article de consommation jetable", critique le théologien pour qui la décision hollandaise fait tomber l’humanité au plus bas. Cette législation incite les femmes et les hommes à renoncer à se battre pour mourir dans la dignité. Il existe pourtant de bien meilleures solutions que l’euthanasie pour franchir la dernière étape de la vie, comme les soins palliatifs et le traitement de la douleur. Christian Kissling critique à cet égard la santé publique en Suisse qui, selon lui, se situe très en deçà des possibilités existantes.
Pour corriger les "nombreuses erreurs" qui circulent à propos de la position de l’Eglise catholique sur la question de l’assistance à la mort volontaire, la Conférence des évêques suisses compte publier cette année encore une lettre sur la "mort humaine", a encore indiqué Christian Kissling.
Pas de libération totale dans cette vie-ci
Dans son homélie du vendredi saint, le cardinal Karl Lehmann rappelle que l’euthanasie contrevient au commandement du décalogue: "Tu ne tueras pas" et au serment d’Hippocrate du corps médical. L’évêque de Mayence a ajouté que la décision des Pays-Bas ne faisait pas qu’ouvrir la porte à "des abus subtiles, mais qu’elle rompait avec la façon d’appréhender la vie et la culture que nous avons reçue en héritage".
Pour Mgr Lehmann, il ne fait aucun doute que le Christ veut empêcher toute souffrance évitable et qu’il lutte contre les maladies, les épidémies et l’injustice. La Croix signifie que les chrétiens font face au mal et à la souffrance et qu’ils viennent en aide aux opprimés. Le combat de la croix a lieu dans le monde entier et à des millions d’exemplaires, en particulier à travers le travail des médecins et des soignants, poursuit l’évêque de Mayence. La lutte médicale contre la douleur peut faire beaucoup pour les mourants. Le cardinal ne cache cependant pas que "dans la volonté de supprimer à tout prix la souffrance et la douleur, on ne doit pas donner l’illusion que l’on peut atteindre une libération totale dans cette vie-ci". (apic/job/mjp)