Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Lun. 30 mars | Saint du jour | Parole de Dieu
Advertisement
  • Flash Info

    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    ✝️ En direct

    Vatican en direct

    Suivez en direct les célébrations et événements liturgiques depuis la Cité du Vatican.

    no_image
    _RIS3673(1)

    En Turquie, Léon XIV célèbre sa seule messe publique

    Valoriser «ce qui nous unit» et démolir «les préjugés». C’est cette exhortation que Léon XIV a laissée aux catholiques turcs, avec lesquels il a célébré la seule messe publique de son voyage en Turquie, le 29 novembre 2025. Depuis la «Volkswagen Arena» à Istanbul, transformée en cathédrale pour un soir, le pape a encouragé cette petite communauté à être un ferment d’unité au cœur du pays.

    Après avoir visité le Phanar, siège du patriarcat œcuménique de Constantinople, en début d’après-midi ce samedi 29 novembre, Léon XIV a rejoint le complexe culturel et sportif de la Volkswagen Arena, situé dans le quartier Maslak, au nord de la ville. Sur place, le pape a retrouvé plus de 3000 fidèles représentant la petite communauté catholique du pays – évaluée à 33’000 membres, soit 0,04 % de la population à large majorité musulmane.

    C’est dans une ambiance retenue et recueillie – et quelques discrets applaudissements – que le pontife a fait son entrée dans le gymnase couvert converti en église. Aux côtés de Bartholomée Ier, le patriarche de Constantinople, Léon XIV a béni l’assemblée durant la longue procession qui l’a conduit jusqu’à l’autel, installé sur un vaste podium et surplombé d’une immense croix lumineuse. La messe marquait l’entrée en Avent, temps de préparation à Noël pour les catholiques.

    Les ponts de l’unité

    Durant la célébration tissée d’arménien, d’araméen, d’anglais et de turc, le pape a cité saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople du IVe siècle, pour encourager l’assemblée à vivre le «charme de la sainteté […], plus éloquent que tant de miracles». «La joie du bien est contagieuse», a-t-il affirmé en incitant à mener «une vie bonne» et à vivre la foi «de manière cohérente dans la charité».

    Au fil de son homélie, le pontife a formulé des recommandations pour diffuser la paix, l’unité et la «réconciliation». Il a filé la métaphore autour des trois ponts construits au long des siècles à Istanbul pour faire la jonction entre les deux rives du Bosphore, unissant l’Asie et l’Europe. De même, a-t-il souligné, les efforts pour l’unité se jouent à trois niveaux: entre catholiques, avec les autres confessions chrétiennes et avec les croyants d’autres religions.

    Hommage au pape François

    Le pape a salué la richesse des diverses traditions liturgiques catholiques présentes en Turquie – latine, arménienne, chaldéenne et syriaque –, appelant à «renforcer les liens» entre elles. Dans le domaine de l’œcuménisme, il a salué la mémoire de son prédécesseur Jean XXIII, ancien nonce apostolique dans le pays dans les années 1930, qui fut «un grand promoteur et témoin» du dialogue avec les orthodoxes.

    Enfin, dans un monde où, «trop souvent, la religion est utilisée pour justifier les guerres et les atrocités», Léon XIV a invité à se rapprocher des autres croyants «en démolissant les murs des préjugés et de la méfiance». Le 267e pape a assuré aux catholiques qu’ils avanceraient ainsi «sur un pont qui unit la terre au Ciel».

    Léon XIV et Bartholomée unissent leurs voix pour une date de Pâques commune

    Plus tôt dans l’après-midi, le pape Léon XIV a été reçu au Phanar – siège du patriarcat œcuménique de Constantinople – par le patriarche Bartholomée Ier. Après une prière dans l’église Saint-Georges, les deux hommes ont signé une déclaration commune, attestant de leur «ferme détermination» à avancer vers «le rétablissement de la pleine communion tant espérée entre nos Églises sœurs».

    _RIS2812
    _RIS2812
    Le pape Léon XIV et le patriarche Bartholomée Ier signent un document commun, le 29 novembre 2025 à Istanbul | © Vatican Media

    Dans ce texte, le pape et le patriarche appellent de leurs vœux de «nouvelles avancées courageuses sur la voie de l’unité», affirmant vouloir poursuivre la recherche d’une «solution» afin de célébrer Pâques à une date commune. Depuis l’adoption du calendrier grégorien en 1582, l’Église catholique détermine la date de Pâques selon un calcul différent de celui employé par les Églises orthodoxes, qui ont conservé le calendrier julien.

    Rejet de «toute utilisation de la religion et du nom de Dieu pour justifier la violence»

    Le texte signé fait aussi mémoire du 60e anniversaire de la Déclaration commune «historique» de Paul VI et du patriarche œcuménique Athénagoras, «qui a mis fin à l’échange d’excommunications de 1054». Dans le sillage de leurs prédécesseurs, Léon XIV et Bartholomée appellent à dépasser les résistances, enjoignant «ceux qui hésitent encore à toute forme de dialogue à écouter ce que l’Esprit dit aux Églises».

    Tandis que les conflits ravagent de nombreuses régions du monde, le pape et le patriarche appellent «ceux qui ont des responsabilités civiles et politiques à tout mettre en œuvre pour que la tragédie de la guerre cesse immédiatement». Ils rejettent «toute utilisation de la religion et du nom de Dieu pour justifier la violence» et incitent la famille humaine à «surmonter l’indifférence, la soif de domination, la cupidité et la xénophobie».

    Devant les chefs des Églises chrétiennes, Léon XIV appelle à un chemin commun vers le jubilé 2033

    Avant de se rendre au Phanar, Léon XIV a rencontré les chefs d’Églises et de communautés chrétiennes durant plus de deux heures dans l’église syriaque orthodoxe de Mar Ephrem à Istanbul. Au terme de leurs échanges, Léon XIV a conclu en remerciant les participants, demandant de s’unir à sa prière «afin que naissent de nouvelles rencontres et d’autres moments» comme la commémoration de Nicée, peut-on lire dans la note du Saint-Siège. L’évêque de Rome a souhaité aussi la participation «des Églises qui n’ont pas pu être présentes», estimant que «la division entre chrétiens reste un obstacle à leur témoignage».

    «L’œcuménisme requiert une patience géologique»

    Se prévalant de sa devise papale prônant l’unité – In Illo Uno Unum (En celui qui est un, soyons un) –, Léon XIV a invité les leaders chrétiens « à parcourir ensemble le chemin spirituel qui conduit au Jubilé de la Rédemption, en 2033» – année qui marquera les 2000 ans de la mort et de la résurrection de Jésus. Le pontife américano-péruvien a évoqué «la perspective d’un retour à Jérusalem, au Cénacle, lieu de la Dernière Cène de Jésus avec ses disciples – où il leur a lavé les pieds – et lieu de la Pentecôte», peut-on lire encore.

    _SIM7005
    _SIM7005
    Le 29 novembre 2025 à Istanbul, le pape Léon XIV a rencontré les chefs des Églises chrétiennes | © Vatican Media

    Pour certains observateurs, ces mots du pape laissent affleurer en filigrane la perspective d’une invitation à se retrouver en Terre sainte. Mais «l’œcuménisme requiert une patience géologique», souffle un religieux vivant à Istanbul, qui estime que la tournure du message de Léon XIV laisse une grande latitude d’interprétations et d’opportunités. Pour le nouveau pape, il s’agissait d’une occasion de dévoiler la façon dont il entend faire vivre le dialogue œcuménique.

    Dimanche 30 novembre, Léon XIV participera à 9h30 (7h30) à une prière à la cathédrale apostolique arménienne – une Église catholique de rite oriental – et retrouvera ensuite le patriarche Bartholomée Ier pour la «divine liturgie» – messe orthodoxe – dans l’église patriarcale Saint-Georges du Phanar. Le pape et le patriarche déjeuneront ensemble au patriarcat. Puis Léon XIV quittera le pays pour se rendre au Liban, deuxième étape du voyage. (cath.ch/imedia/ak/hl/rz)

    Actualités liées

    Actualités les plus lues