Cène et la Pentecôte. Avant même son "départ" vers le Père quarante jours
après la Résurrection, le Christ demeure dans l’Eglise par la présence de
l’Esprit-Saint qui donne la vie. Le sacerdoce est tout entier au service de
cette vie: "Le sacrement de l’Ordre imprime dans l’âme du prêtre un caratère particulier qui, une fois reçu, demeure en lui comme source de la grâce
sacramentelle de tous les dons et charismes liés à la vocation au service
sacerdotal dans l’Eglise". C’est pourquoi, "si le témoignage que nous rendons au Christ est très imparfait et très insuffisant", ajoute le pape,
"notre réconfort, c’est l’assurance que c’est avant tout l’Esprit de vérité
qui rend témoignage au Christ... Plus nous sentons que notre mission nous
dépasse, plus nous devons nous ouvrir à l’action de l’Esprit-Saint surtout
lorsque la résistance des esprits et des coeurs, la résistance d’une civilisation qui s’est formée sous l’influence de l’’esprit du monde’ se fait
sentir d’une manière particulièrement forte".
Statistiques et chiffres
Dans sa traditionnelle lettre aux prêtres à l’occasion du jeudi Saint,
Jean Paul II souligne la nécessité d’un échange de prêtres entre les divers
diocèses pour résoudre le déséquilibre dans la distribution des prêtres
dans le monde. Le pape écrit: "Cette aide s’avère indispensable lorsqu’on
sait qu’en certains endroits il y a un prêtre pour quelques centaines de
fidèles et qu’en d’autres, on compte un prêtre pour 10’000 fidèles, voire
davantage encore".
A propos de ce problème, Mgr Pio Laghi, pro-préfet de la Congrégation
pour l’éducation catholique, a fourni une série de données lors de la présentation de la lettre pontificale. Le manque de prêtres est particulièrement grave en Amérique latine. Dans ce continent, les quelque 378 millions
de catholiques, soit 42% du total des catholique dans le monde, sont assistés par 52’452 prêtres (séculiers et réguliers), ce qui représente 13,05%
du total des prêtres de l’Eglise catholique.
Les catholiques d’Europe et d’Amérique du Nord, qui forment 38,81% de
tous les catholiques, sont en revanche assistés par 293’993 prêtres (73,14%
des prêtres dans le monde). A Cuba il y a un prêtre pour 20’037 catholiques, au Hondurass, un pour 16’272, et dans le diocèse d’Ilheus (Brésil),
un prêtre est responsable des 44’140 catholiques. A Malte, par contre, on
compte un prêtre pour 337 catholiques, en Irlande, un pour 719 et en Italie
un pour 940.
Très souvent, les catholiques, qui ne disposent pas toujours de prêtres,
d’Eucharistie dominicale et de la nécessaire instruction sur la foi catholique doivent en plus affronter le prosélytisme des sectes, fait-on remarquer.
Des propositions
Lors du Synode de l’an dernier tenu à Rome sur la formation des prêtres,
certains proposaient de revoir la norme du célibat et de penser à l’ordination de "viri probati". Mais dans son discours final, Jean Paul II soulignait que la solution des "viri probati" ne peut pas être prise en considération et qu’il faut répondre au problème par d’autres moyens.
Pour étudier ce problème, le pape avait décidé d’instituer au Vatican un
groupe de travail interdicastère. Ce groupe a proposé une intervention
d’émergence et une seconde à long terme qui affronte le problème à la racine. Ec ce qui concerne l’intervention d’émergence, on propose le transfert
de prêtres d’un dicastère qui dispose d’un grand nombre de prêtres à un dicastère où il y a un manque. On note en outre que pour le moment les prêtres "Fidei donum" (nom emprunté à l’encyclique que Pie XII consacrait en
avril 1957 aux mêmes problèmes) en Amérique latine sont environ 2’500, dont
quelque 500 se trouvent au Brésil: 1’104 proviennent d’Espagne, 478 d’Italie, 215 d’Allemagne, 174 des Etats-Unis, 129 de France, 58 de Belgique, 30
d’Angleterre, 26 d’Irlande et 26 de Malte.
Les pays qui ont la plus grande disponibilité de prêtres ont pour nom
Malte, l’Irlande, la Pologne et l’Espagne. On fait encore remarquer qu’il
est possible de remédier au manque de prêtres à travers par une plus grande
présence de prêtres réguliers et d’autres "ministres" comme diacres, lecteurs, acolytes et catéchistes... En 1988, il n’y avait au Brésil que 546
diacres et aucun cathéchiste à plein temps contre plus de 9’000 diacres aux
Etats-Unis et 240’000 catéchistes en Afrique.
Concernant l’intervention à long terme, l’intensification de l’oeuvre
des vocations et l’ouverture de nouveaux et meilleurs séminaires sont préconisées. Au Brésil toujours, on compte actuellement 25 séminaristes pour
un million de catholiques, alors qu’on en calcule 70 en Europe pour le même
nombre. Les statistiques pour le Brésil sont encore plus préoccupantes si
l’on tient compte du fait que le nombre des séminaristes se maintien au même niveau qu’il y a 8 ans, cependant qu’une augmentation considérable est
constatée dans beaucoup d’autres pays d’Amérique latine.
La fondation de séminaires dans des pays comme l’Italie, l’Espagne, la
Pologne et l’Irlande est également proposée. Une formation en vue de la
nouvelle évangélisation y serait dispensée pour former "un missionnaire
diocésain". (apic/jt/ba/pr)