Tout en relativisant les conclusions du sondage de l’Association des employés laïcs du Vatican (ADLV) Mgr Marco Sprizzi, président du Bureau du travail du Siège apostolique (ULSA), a affirmé la volonté d’améliorer les conditions de travail des salariés.
Dans un entretien aux médias du Vatican publié le 22 janvier 2026, Mgr Sprizzi réagit au récent sondage de l’Association des employés laïcs du Vatican (ADLV), qui faisait état d’un malaise généralisé parmi les fonctionnaires du pape, et parlait d’un «fossé» creusé avec la hiérarchie. Tout en relativisant les chiffres, il exprime la bonne volonté de son département pour améliorer les conditions de travail des salariés.
Le président de l’ULSA, remarque d’abord que l’enquête été réalisée sur un «très petit échantillon qui concerne moins de 5% des employés". L’ADLV a recueilli les réponses de 250 salariés sur plus de 6.000 employés – chiffre incluant aussi les retraités. «Nous abordons le sondage avec sérieux et respect», ajoute cependant Mgr Sprizzi, assurant vouloir prendre en compte «toutes les voix, même celle d’un seul employé qui se plaindrait».
Pas de mécontentement généralisé
Le prêtre italien, en poste depuis janvier 2025, réfute qu’il puisse s’agir d’un «mécontentement généralisé» comme le laisse entendre l’ADLV, qui indique que 73,9% des personnes interrogées sont insatisfaites des relations avec leurs supérieurs. « D’après mon expérience lors des nombreuses rencontres avec les employés, […] le sentiment le plus répandu est plutôt positif», déclare le prélat. Et de faire valoir la sécurité de l’emploi assurée par le micro-État et le maintien du niveau des salaires malgré les retombées économiques de la pandémie de Covid-19, ou encore les avantages sociaux comme la crèche et le «renforcement du système de santé pratiquement gratuit».
Signaler les cas de harcèlement moral
Mgr Sprizzi s’engage à vérifier les cas concrets soulevés par le sondage et envisage l’amélioration des réglementations. «Nous prenons acte qu’il y a des points qui doivent absolument être suivis et améliorés, par exemple l’adaptation des niveaux de rémunération aux fonctions exercées», convient-il.
Il admet que dans certains cas, des employés appelés à de nouvelles responsabilités n’ont pas bénéficié des ajustements salariaux nécessaires "en raison de situations passées, du blocage des ressources ou pour éviter que quelqu’un perde son emploi". Il promet des efforts pour "rendre justice à ceux qui y ont droit", tout en glissant que les "règles du jeu" imposent "que ceux qui surveillent les comptes posent parfois des ‘limites’".
En commentant les chiffres selon lesquels 56% des sondés ont ressenti des "injustices et vexations" de la part de leur responsable, l’ADLV critiquait le fait que le harcèlement moral ne soit pas encore reconnu comme infraction au Vatican. "Personnellement, je n’ai connaissance d’aucun cas de harcèlement moral", assure le prélat italien, ajoutant que les potentiels cas d’abus "doivent évidemment être signalés". Et d’affirmer : "Il existe certainement les formes de protection prévues par la loi pour dénoncer".
La question de la représentativité
Le président assure que les portes de l’ULSA "sont toujours ouvertes". "Nous recevons quotidiennement des dizaines de cas, les employés se tournent constamment vers nous, et les administrations font de même", rapporte-t-il. D’autres voix, interrogées par I.MEDIA, déplorent précisément le manque de pouvoir et de visibilité de ce bureau gérant les ressources humaines.
Le pape Léon XIV a approuvé en décembre dernier de nouveaux statuts pour l’ULSA, qui ont amplifié sa "représentativité", souligne Mgr Sprizzi. Il écarte toute idée de "compétition" avec l’ADLV, qui a demandé de son côté "plus de marge de manœuvre". Le président souhaite poursuivre les dialogues "constructifs et fréquents" entrepris, comme les "tables techniques" organisées entre des dirigeants de dicastères et des représentants de l’association. (cath.ch/imedia/ak/mp)