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    Elle avait fait une comparaison entre les religions révélées

    Egypte: Une enseignante copte condamnée à 6 mois de prison pour "insulte à l'islam"

    Le Caire, 16 juin 2014 (Apic) Demiana Emad, une enseignante copte de sciences sociales âgée de 23 ans, a été condamnée dimanche 15 juin 2014 à 6 mois de prison pour "insulte à l'islam", rapporte le 16 juin le site internet égyptien Ahram Online. Elle avait d'abord été arrêtée le 9 mai 2013. Le président de l'association des parents d'élèves de l'école primaire Cheikh Sultan à Louxor avait alors déposé une plainte contre elle, l'accusant d'avoir insulté l'islam.

    Demiana Emad avait été condamnée en juin 2013 à payer une amende de quelque 12'500 francs suisses. Cette peine de prison a été ordonnée dimanche 15 juin 2014 par le tribunal suite à un appel interjeté par l'accusée.

    "Un outil pour opprimer les minorités"

    Selon plusieurs ONG, Demiana Imad n'avait fait que comparer les religions dans une perspective historique. L'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) affirme pour sa part qu'Emad n'a pas insulté l'islam, mais seulement fait une comparaison entre les religions dans l'Antiquité, le Moyen-Age et les Temps Modernes, comme il était mentionné dans son programme de cours.

    Le rapport de l'EIPR met en garde contre la répétition de cas similaires, qui risquent de devenir "un outil pour opprimer les minorités". Pendant les enquêtes, relève l'ONG, la majorité des élèves d'Emad ont affirmé qu'elle n'avait jamais insulté l'islam dans sa classe.

    L'utilisation par la justice de l'article 98 du code pénal égyptiens contre les personnes accusées d'insulter la religion remonte au régime déchu du président Hosni Moubarak. Il était à l'époque largement utilisé comme prétexte pour sévir contre les militants politiques. Cependant, son utilisation a été considérablement augmentée sous le règne du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et sous le président islamiste Mohamed Morsi, renversé en juillet dernier. L'article 98 du code pénal égyptien punit sévèrement l'utilisation de la religion dans le but de répandre la discorde, d'affaiblir l'unité nationale ou de tourner en dérision les religions révélées. Le coupable d'un tel acte peut encourir une peine de six ans de prison. (apic/ahram/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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