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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Basque comme saint Ignace de Loyola, Pedro Arrupe naît le 14 novembre

    Eléments biographiques du Père Arrupe

    1907 à Bilbao, où son père, architecte, est l’un des fondateurs d’un des

    premiers quotidiens catholiques d’Espagne, la "Gaceta del Norte". Il a quatre soeurs, dont l’une est religieuse.

    C’est à Bilbao, durant ses humanités (1916-1922), qu’il entre en contact

    avec les jésuites, en participant à la Congrégation mariale que ceux-ci y

    dirigent. Mais il n’entre pas tout de suite dans la Compagnie de Jésus: il

    s’oriente d’abord vers la médecine, qu’il étudie à Valladolid, puis à Madrid. Il racontera plus tard comment les premiers temps de la vie estudiantine dans la capitale espagnole "émoussèrent ses élans intérieurs". Pas

    pour bien longtemps: avec quelques compagnons, il adhère à la Conférence de

    saint Vincent de Paul et fait connaissance avec la pauvreté dans les quartiers périphériques de Madrid.

    De Loyola à Huy, Valkenburg et les Etats-Unis

    En 1931, l’Espagne passe du régime monarchique à la République. Un an

    plus tard, le gouvernement décide la dissolution de l’Ordre des jésuites.

    Contraints de s’expatrier, ceux-ci sont reçus en Belgique, près de Tournai,

    puis à Marneffe (Huy), où Pedro Arrupe poursuit sa formation. Il étudie ensuite la théologie à Valkenburg (Pays-Bas), où les jésuites allemands, eux

    aussi suspects aux yeux de Bismarck, ont établi leur maison d’études théologiques. C’est là qu’il est ordonné prêtre, le 30 juillet 1936. Sous la

    direction du Père Hürt, moraliste, Pedro Arrupe se spécialise en morale de

    la médecine et participe notamment au Congrès international d’eugénisme qui

    se tient en Autriche en 1936.

    Afin d’acquérir une formation plus poussée en médecine et en psychiatrie, le Père Arrupe gagne alors les Etats-Unis pour y terminer sa quatrième et dernière année de théologie à l’Université de Saint-Louis (Kansas),

    puis y poursuivre d’autres études de spécialisation en morale de la médecine.

    L’étape japonaise

    Le 8 juin 1938, le Père Arrupe voit se réaliser son rêve: devenir missionnaire au Japon, où il arrive par Yokohama et Tokyo. Il consacre d’abord

    deux années à l’étude de la langue et de l’histoire japonaises. Pendant

    quelques mois, il travaille également dans les quartiers périphériques de

    Tokyo, au profit d’une oeuvre sociale instaurée par l’Université "Sophia",

    que les jésuites dirigent dans la capitale nippone. En 1940, il peut enfin

    se consacrer totalement au travail missionnaire, comme curé de Yagamuchi,

    un travail interrompu par trente-cinq jours de prison au moment où éclate

    la seconde guerre mondiale.

    Le 13 mars 1942, le Père Arrupe est nommé maître des novices à Nagatsuka

    (Hiroshima), ainsi que supérieur du district de Yamaguchi. C’est là qu’il

    est le témoin, le 6 août 1945, à 8h.15 du matin, de l’explosion atomique à

    Hiroshima. Il donnera de ce moment un récit intitulé "J’ai vécu la bombe

    atomique": "La ville n’était plus: elle brûlait, telle une nouvelle Pompéi... Ce spectacle, qui dépassait toute imagination, nous pétrifia". Pas

    pour longtemps: mettant à profit ses connaissances médicales, le Père Arrupe improvise au noviciat même un hôpital de fortune où, avec l’aide des novices, il accueille et soigne les blessés, dont bon nombre mourront entre

    ses bras.

    27e successeur de saint Ignace

    Un homme chaleureux et à la fois déroutant, lanceur d’idées plus qu’administrateur, un homme de l’époque du Concile, éveillé aux besoins apostoliques du temps et attentif à ses interlocuteurs: tel apparaît le Père Arrupe quand il arrive du Japon à Rome pour participer à la 31e Congrégation

    générale qui se réunit en 1965 pour élire le successeur du Père Jean-Baptiste Janssens, un Belge, à la tête de la Compagnie. Peu connu en dehors de

    l’Espagne et de la mission du Japon, pays dans lequel il séjournait depuis

    bientôt trente ans, il est pourtant, à sa grande surprise, élu le 22 mai

    1965 27e supérieur général des jésuites à la majorité absolue des voix.

    Sous son généralat, les engagements apostoliques des jésuites se diversifient. Si l’enseignement reste une des priorités, il y a aussi de nombreuses "insertions" dans le monde sécularisé. Fidèle à Vatican II, le Père

    Arrupe désire que les religieux collaborent partout le plus étroitement

    possible avec les laïcs appelés à des postes de responsabilité dans les institutions dont la Compagnie a la charge.

    Soucieux de l’unité de l’Ordre, où se fait sentir le clivage des divisions et des pluralismes qui ont marqué la période post-conciliaire, le Père Arrupe convoque une 32e Assemblée générale en 1974, se disant prêt à remettre son mandat selon l’avis de la majorité représentative. Cette 32e

    Congrégation générale va s’efforcer de redéfinir la mission des jésuites et

    reprend à son compte les fortes paroles du Synode des évêques sur la justice dans le monde (1971): le combat pour la justice apparaît comme une dimension constitutive de la prédication de l’Evangile. Les Pères présents à

    cette 32e Congrégation générale renouvellent massivement leur confiance au

    Père Arrupe et confirment tous les décrets de la Congrégation précédente.

    L’épreuve

    En 1981, au retour d’un voyage en Asie, le Père Arrupe est terrassé par

    une thrombose cérébrale au pied de l’avion qui vient de le ramener à Rome.

    Les médecins constatent qu’il ne peut reprendre ses fonctions. Suit un

    temps d’épreuve pour les jésuites. Conformément aux Constitutions de l’Ordre, le Père Arrupe confie le gouvernement de la Compagnie à un vicaire général dans l’attente de la convocation d’une nouvelle assemblée générale.

    Jean Paul II intervient alors en nommant son délégué personnel à la tête de

    la Compagnie, le chargeant de préparer la 33e Congrégation générale. Celleci a lieu en 1983 et voit l’élection du Père Peter-Hans Kolvenbach (PaysBas). Le Père Arrupe, qui avait déjà envisagé sa démission et la tenue

    d’une Congrégation en 1980 à laquelle le pape avait demandé de surseoir, a

    la joie de donner l’accolade à son successeur. C’est son dernier geste public.

    L’intuition du Père Arrupe et son attention aux grands problèmes du moment, ainsi que la continuité de l’engagement apostolique des jésuites,

    ressortent de ses nombreux écrit, dont beaucoup ont été rassemblés dans ses

    "Ecrits pour évangéliser". Le 27e supérieur général de la Compagnie y aborde des sujets aussi divers que les rapports Eglise-monde, en foi et charité, en charité et justice, évangélisation, libération, engagement politique, comme par exemple dans cet extrait, d’une criante actualité, de la

    Conférence qu’il prononça en 1976 au Congrès Eucharistique international à

    Philadelphie:

    "Il y aura même des moments où notre engagement pour la justice dans le

    monde nous coûtera cher et nous demandera des sacrifices personnels et collectifs sous une forme ou sous une autre". Un message si proche de celui

    que son successeur avait tenu aux jésuites du Salvador après l’assassinat

    par l’armée salvadorienne des six jésuites de l’Université Centro-Américaine de San Salvador le 16 novembre 1989. (apic/cip/pr)

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