Les Sénégalais élisent le 17 novembre 2024 leurs 164 députés au parlement, six mois après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye. L’atmosphère du scrutin est marquée par l’affaire de l’interdiction du voile islamique dans des écoles catholiques.
Les élections législatives anticipées ont lieu dans un contexte de relations difficiles entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le Conseil national du laïcat du Sénégal (CNLS). En cause: les attaques répétées du Premier ministre, considéré comme l’homme fort du régime, contre les écoles privées catholiques sur le port du voile islamique.
En septembre 2019, l’Institution Sainte-Jeanne d’Arc de Dakar (ISJA), propriété de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny depuis deux siècles, avait interdit le port du voile islamique aux élèves qui la fréquentent. Cette décision avait été vigoureusement combattue par des parents d’élèves, créant un malaise entre musulmans et chrétiens. Le problème avait ensuite été officiellement réglé.
Acharnement?
Mais à la surprise générale, en juillet 2024, Ousmane Sonko est revenu sur le sujet. Dans une déclaration inattendue, lors d’une rencontre avec des élèves, il a averti que son gouvernement «ne permettrait plus à certaines écoles» (allusion aux écoles privées catholiques) d’interdire le port du voile islamique en leur sein. En septembre, il a demandé à son ministre de l’Éducation de prendre une disposition contre les règlements intérieurs des écoles privées qui interdisent le port du voile. Suivant ces instructions, Moustapha Guirassy a publié début octobre un arrêté leur ordonnant d’accepter le port des signes religieux distinctifs.
Le Conseil national du laïcat a qualifié «d’acharnement» les déclarations successives du Premier ministre. Malgré ce contexte, l’Église catholique n’a pas donné de consignes de vote. (cath.ch/ibc/ag/rz)