El Salvador: recrudescence de la (270689)
San Salvador, 27juin(APIC) La passation des pouvoirs entre le président
Napoleon Duarte et son successeur Alfredo Cristiani, il y a quatre semaines, n’a pas apaisé le Salvador. On constate plutôt une recrudescence de la
guerre civile. Quant aux perspectives de négociations entre le gouvernement
et la direction de la guérilla du FMLN (Front Farabundo Marti de libération
nationale) semble s’éloigner. Les Eglises, pour leur part, continuent d’observer de près le processus, par exemple à travers la "Chaîne de l’espoir
Maria Cristina Gomez".
Cette chaîne de solidarité est née à la suite de l’assassinat de Maria
Cristina Gomez. Maria, membre de l’Eglise baptiste et militante des droits
de l’homme, était en train d’enseigner dans l’école Santa Lucia, dans le
département d’Ilopango, lorsque quatre individus en civil, lourdement
armés, vinrent l’enlever. Son corps torturé et criblé de balles fut
retrouvé le même jour à 15 km de là.
Ainsi, des groupes d’une demi-douzaine de femmes chacun, de l’Equateur,
du Venezuela, d’Amérique du Nord, de Scandinavie, du Mexique, du Costa Rica
et du Brésil ont visité le Salvador pendant une semaine, prenant de multiples contacts. Celles de la République fédérale d’Allemagne, de France, de
Suisse, des Pays-Bas et du Centre oecuménique de Genève suivront dans les
semaines à venir. Pour l’heure, des équipes de femmes visitent le Salvador
chaque semaine du 1er mai au 9 juillet pour observer la passation des pouvoirs, se rendre visibles aux autorités, et participer à la vie des femmes
membres de diverses Eglises.
La chaîne de l’espoir Maria Cristina Gomez est soutenue par le Conseil
des Eglises d’Amérique latine (CLAI), la Fédération luthérienne mondiale
(FLM) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE).
Plus d’un million de Salvadoriens déplacés
Dans le dernier message qu’il a envoyé au président Napoleon Duarte, le
30 mai dernier, le secrétaire général du COE, Emilio Castro, s’inquiétait
de la détention indéfinie de 23 femmes dans la prison d’Ilopango, et le
priait "de donner l’ordre de libérer ces femmes qui", à sa connaissance,
"ont seulement cherché des moyens pacifiques pour obtenir la justice et la
dignité humaine dans leur propre pays. De cette manière, lors de la passation des pouvoirs au nouveau gouvernement, écrivait alors Emilio Castro,
vous témoignerez de votre foi démocratique et humaniste".
Depuis la victoire électorale de l’ARENA en mars, l’armée et le FMLN ont
intensifié leurs actions dans une guerre qui dure depuis neuf ans, provoquant quelque 70.000 morts. L’armée s’en prend sans vergogne aux oeuvres
d’entraide et aux organisations des droits de l’homme. Lors de l’attaque
contre l’hôpital du FMLN à San Vicente, elle a tué une infirmière française, Madeleine Lagadec, qui travaillait pour la centrale sanitaire suisse.
Jusqu’à ce jour, le conflit a obligé plus d’un million de Salvadoriens à
quitter leur pays; 7.000 sont disparus, et 60.000 ont été déplacés à l’intérieur du pays. (apic/spi/pr)