"Ne pas élargir le manteau de l’oubli et de l’impunité"
San Salvador, 23mars(APIC) L’Eglise catholique au Salvador n’est pas
d’accord avec la loi d’amnistie approuvée par le parlement en fin de semaine. Elle dénonce cette décision comme "précipitée" et "inquiétante". L’archevêque de San Salvador, Mgr Arturo Rivera Damas, a rappelé, lors de son
homélie dominicale, que la réconciliation ne peut être atteinte que si l’on
reconnait la faute commise et non pas en proclamant un décret.
Malgré les voix de l’opposition, le parlement salvadorien a proclamé samedi, par une courte majorité et sous prétexte de réconciliation nationale,
une amnistie générale pour toutes les personnes qui ont commis des actes de
violence durant la guerre civile.
La semaine précédente, un rapport d’une Commission d’enquête spéciale
des Nations-Unies sur les atteintes aux droits de l’homme au Salvador avait
été remis aux anciens partis de la guerre civile. Ce rapport exigeait de
sérieuses restructurations dans la justice et dans la direction de l’armée.
L’archevêque a déploré le fait que les recommandations contenues dans ce
rapport n’ont pas été appliquées. Mgr Rivera Damas a ajouté: dans l’enquête
de l’ONU, les responsables, "que nous connaissions déjà", de l’assassinat
de Mgr Oscar Romero, mon prédécesseur à l’archevêché, ont été officiellement nommés. L’implication de Roberto d’Aubuisson, ancien président du parti gouvernemental "Arena", dans le meurtre de Mgr Romero, est devenue ainsi
claire. On ne devrait donc pas maintenant élargir le manteau de l’oubli et
de l’impunité sur ce meurtre et sur les autres actes de violence, a conclu
Mgr Rivera Damas. (apic/kna/ba)