Einsiedeln: Ordination de Mgr Peter Henrici (270593)
Les deux évêques auxiliaires à la veille d’une tâche difficile
Rétablir la pleine communion ecclésiale dans le diocèse de Coire
Fribourg, 27mai(APIC) Mgr Peter Henrici et Mgr Paul Vollmar, les deux
nouveaux évêques auxiliaires de Coire nommés le 4 mars dernier par Jean
Paul II pour "rétablir la pleine communion ecclésiale" dans le diocèse, recevront l’ordination épiscopale le lundi de Pentecôte dans l’abbatiale
d’Einsiedeln. C’est le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation
pour les évêques, qui présidera une cérémonie qui sera très fréquentée - on
attend près de 4’000 personnes - , tandis que les deux autres évêques consécrateurs seront Mgr Pierre Mamie, président de la Conférence des évêques
suisses, et Mgr Wolfgang Haas, évêque de Coire.
Exactement cinq ans après l’ordination épiscopale de Mgr Haas - qui
avait donné lieu à des spectaculaires manifestations de protestation devant
la cathédrale de Coire - et trois ans après son accession au siège de Coire, un nouveau chapitre, difficile, mais porteur d’espoir, s’ouvre pour la
vie de ce diocèse que les controverses ont fait connaître bien au-delà des
frontières suisses et européennes.
"Un nouveau jour se lève"
Annonçant le 4 mars dernier à Berne la nomination de deux évêques auxiliaires que Mgr Wolfgang Haas "intégrera pleinement dans la direction du
diocèse", le président de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Mamie, a déclaré que les évêques suisses ont accueilli "avec joie et un vrai
sentiment de soulagement" cette nouvelle. "Pour nous, catholiques suisses,
un nouveau jour se lève", avait-il encore souligné.
Mgr Mamie s’était en effet personnellement beaucoup engagé pour trouver
une solution aux tensions qui divisaient clergé et fidèles du diocèse de
Coire. Depuis quatre ans, tous les évêques suisses sans exception avaient
pu s’entretenir personnellement avec le pape de la situation de Coire. En
automne 1990, la CES avait mis sur pied un "groupe de dialogue" pour tenter
de trouver des solutions, mais elle devait reconnaître en mars 1991 que la
médiation avait échoué.
Rome avait ensuite nommé la même année un délégué pontifical - l’archevêque allemand Karl-Josef Rauber, président de l’Académie pontificale ecclésiastique, une institution qui forme les diplomates au service du SaintSiège - qui avait élaboré un rapport. Mgr Rauber, et c’est interprété comme
un bon signe, est depuis le 16 mars dernier nonce apostolique en Suisse.
Depuis 1992, le pape, partageant les inquiétudes de la CES et le désarroi
de beaucoup de fidèles, s’occupait personnellement de la question de Coire.
De son côté, le Conseil fédéral, en particulier par l’intermédiaire de Jenö
Staehelin, l’ancien ambassadeur en mission spéciale auprès du Saint-Siège,
a également exprimé au Vatican ses préoccupations concernant la situation
religieuse en Suisse.
A Coire, on devrait désormais partager les responsabilités
A Coire, les décisions devraient désormais être prises non plus par un
seul homme, mais par trois personnalités très différentes par leur expérience de vie et leur formation théologique. Les tâches des nouveaux évêques ne sont cependant pas encore exactement déterminées, les bulles de nomination n’ayant pas encore été rendues publiques. Il sera ainsi intéressant de voir lundi prochain si ces bulles contiendront ou non des indications canoniques à propos d’éventuels pouvoirs spéciaux conférés aux nouveaux auxiliaires.
Le code de droit canon prévoit en effet, à son article 403, al. 2, que
"dans les circonstances plus graves, même de caractère personnel, un évêque
auxiliaire muni de facultés spéciales peut être donné à l’évêque diocésain". Plusieurs journaux spéculent depuis quelques jours sur le contenu de
ces bulles de nomination, étant donné qu’elles pourraient déterminer éventuellement - de quelle manière sera partagé le pouvoir des divers évêques.
A Einsiedeln, les préparatifs vont bon train
A Einsiedeln, les préparatifs vont bon train, notamment pour recevoir
les nombreuses personnalités tant civiles qu’ecclésiastiques. La cérémonie
qui débutera à 13h30 devrait durer près de deux heures et demie. Tous les
évêques suisses, à l’exception de Mgr Candolfi retenu à l’étranger, participeront à la messe, ainsi que quelque 150 concélébrants. 700 invités officiels sont attendus, dont les parents des nouveaux évêques, les représentants des Eglises cantonales et des communautés religieuses, les représentants des autorités politiques, etc.). A la fin de la messe, un apéritif
sera offert aux 3 à 4’000 participants. Enfin une rencontre des nouveaux
évêques avec les journalistes est prévue à 15h45.
Lecture des bulles pontificales
Les bulles (ordinairement, ce sont des lettres du Souverain pontife rédigées en forme solennelle et scellées d’une boule de métal, d’où le nom de
bulle, soit d’un cachet de cire) de nomination seront lues au début de la
cérémonie d’ordination par les provinciaux suisses des jésuites et des marianistes, supérieurs canoniques de Mgr Henrici et de Mgr Vollmar avant
leur nomination épiscopale.
Après la transmission des bulles de nomination par la nonciature à Berne, les deux évêques auxiliaires et Mgr Haas discuteront de la répartition
du travail. Les évêques poursuivront également les discussions avec le chapitre cathédral et éventuellement avec les représentants des divers organes
ecclésiastiques à propos de la direction du diocèse. (apic/mp/be)
Encadré
Paul Vollmar: un marianiste âgé de 58 ans
Paul Vollmar est né le 11 octobre 1934 dans le village allemand d’Ueberlingen, au bord du Lac de Constance. Marianiste, il est depuis 1986 chargé de
la formation spirituelle des séminaristes du diocèse de Sion à Givisiez
(FR). Charge qu’il assume également au séminaire diocésain de Lausanne Genève et Fribourg depuis 1990. Provincial de sa Congrégation pour la Suisse
de 1984 à 1992, le nouvel évêque auxiliaire, qui réside actuellement à Fribourg, est le Supérieur, depuis 1991 de l’Institut St-Raphaël, siège de la
Congrégation.
D’origine allemande, mais nationalisé suisse en 1976, fils d’un infirmier, Paul s’établit bientôt avec ses parents, ses quatre frères et ses
deux soeurs, à Constance où il accomplit sa scolarité. Très jeune il sent
déjà l’appel à la vie religieuse et à la prêtrise - deux de ses frères sont
également marianistes -. En 1951, à 16 ans, il entre comme postulant dans
la Congrégation des marianistes à Middes dans le canton de Fribourg et étudie au Collège St-Michel à Fribourg où il obtient son baccalauréat en 1958.
Un an plus tard, il prononce ses premiers voeux et poursuit ses études
de théologie et de philosophie à l’Université de Fribourg. Il est ordonné
prêtre en 1964 par Mgr François Charrière. Promu docteur en théologie en
1967, Paul Vollmar est envoyé en 1968 à Zurich comme professeur de religion
et aumônier, avant d’être nommé recteur de l’école catholique "Sumatra" de
la ville des bords de la Limmat. Charge qu’il occupe de 1972 à 1984.
Comme provincial, le Père Vollmar à la responsabilitlé des quelque 65
membres que compte la Congrégation des marianistes en Suisse. Le Père Vollmar entretient également des contacts avec le diocèse de Coire, où il a dirigé l’an dernier une retraite au séminaire St Luzi. Mandat qui lui a été
confié à nouveau cette année. Mgr Vollmar est nommé évêque titulaire de
Missua (aujourd’hui Sidi-Daoud) en Tunisie. (apic/com/mp)
Encadré
Peter Henrici: un jésuite âgé de 65 ans
Le nouvel évêque Mgr Peter Henrici est bourgeois de la ville de Zurich où
il est né le 31 mars 1928. Membre de la compagnie de Jésus, il est actuellement professeur à l’Université grégorienne de Rome et doyen de la Faculté
de philosophie.
Son père Ernst était avocat dans la cité des bords de la Limmat. Sa famille est active dans le milieu catholique zurichois. Par sa mère il est
apparenté au célèbre théologien Hans-Urs von Balthasar. Peter passe sa jeunesse dans la paroisse de St-Antoine où, avec son frère Andreas, il fait
partie de la troupe des scouts catholiques. En 1946, il obtient son baccalauréat avant de passer deux semestres à l’Université de Zurich où il étudie la philologie classique. En 1947, Peter entre chez les jésuites et étudie la philosophie de 1949 à 1952 à Pullach-Munich, puis de 1955 à 1959 la
théologie à la Faculté des Jésuites St-Albert à Eegehoven/Louvain. Il obtient en 1955 le doctorat en philosophie à l’Université grégorienne de Rome. Il est ordonné prêtre en 1958 à Zoug.
Depuis 1960, le Père Henrici est professeur de philosophie contemporaine
à l’Université pontificale grégorienne à Rome. Entre 1972 et 1978, il est
doyen de la Faculté de philosophie, fonction qu’il occupe à nouveau actuellement. En 1978 il fonde et dirige le Centre interdisciplinaire sur la
communication sociale de la Grégorienne. De 1973 à 1988, il est membre du
comité de direction de la Fédération internationales des sociétés de philosophie. Il participe dès 1982 à l’édition et à la rédaction de la revue internationale catholique "Communio". Il fut aussi invité à donner des cours
à Munich, Innsbruck, San Francisco, Sao Paulo et Kinshasa. Professeur depuis plus de 30 ans, le Père Henrici est resté néanmoins proche des réalités pastorales et travaille dans une communauté de base à Rome.
Au sein de son ordre, le Père Henrici est depuis 1992 délégué du général
des jésuites pour le Germanicum, le séminaire des jésuites allemands et
hongrois à Rome. La même année, il est nommé consulteur de la Congrégation
pour la doctrine de la foi. Par sa famille, le Père Henrici est toujours
resté lié à sa ville natale où son frère est avocat. Il est également très
apprécié de ses confrères suisses.
Parmi ses nombreuses publications, on peut citer: "Hegel und Blondel" en
1958, "Aufbrüche christlichen Denkens" en 1978, "Meditationkurs" en trois
volumes en 1991-1992, ainsi que diverses traductions de Jean Daniélou, Maurice Blondel et Peter Faber. Mgr Henrici est nommé évêque titulaire de Ossero-Absorus, en Dalmatie inférieure, aujourd’hui Osor non loin de Split,
sur la côte croate. (apic/com/mp)