"Un grand moment d’espérance pour le diocèse de Coire" (310593)
Einseideln, 31mai(APIC) Plus de 5’000 fidèles et de nombreuses personnalités politiques et religieuses de diverses régions de Suisse et de
l’étranger ont participé lundi en l’église abbatiale d’Einsiedeln à l’ordination épiscopale de Mgr Peter Henrici et de Mgr Paul Vollmar, les deux
nouveaux évêques auxiliaires de Mgr Wolfgang Haas.
Ferveur et espérance ont marqué cette cérémonie solenelle, présidée par
le cardinal Bernardin Gantin. Le préfet de la Congrégation pour les évêques
avait fait spécialement le déplacement de Rome pour bien marquer l’importance de cet événement, qui devrait permettre de réconcilier les fidèles et
de restaurer l’unité dans un diocèse de Coire déchirée à la suite de l’ordination épiscopale de Mgr Haas, il y a juste cinq ans.
Pas de manifestation de protestation cette fois-ci, ni de tapis humain
devant l’église abbatiale, mais des prières ferventes et de longs applaudissements qui ont à plusieurs reprises ponctué la cérémonie à laquelle
participaient presque tous les évêques suisses, le nouveau nonce en Suisse,
Mgr Karl-Josef Rauber, Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence et président de
la Conférence épiscopale allemande ainsi que d’autres personnalités religieuses dont deux évêques africains.
Les représentants des Eglises cantonales et des autorités civiles des
cantons du diocèse (Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald, Glaris, Zurich et Grisons) avaient fait le déplacement d’Einsiedeln, de même que le prince HansAdam et son épouse Maria du Liechtenstein, principauté dépendant également
du diocèse de Coire. Les autres Eglises de Suisse étaient représentées notamment par le pasteur Heinrich Rusterholz, président de la Fédération des
Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) et par l’archevêque orthodoxe-russe Mgr Serafim Rodionov de Zurich.
"Cette liturgie d’ordination des deux évêques auxiliaires de Coire est
un grand moment d’espérance pour ce diocèse. Puisse la communion manifestée
dans cette assemblée autour des sucesseurs des apôtres qui vous sont donnés
s’affermir sans cesse", a déclaré dans son homélie le cardinal Gantin qui
présidait la cérémonie en compagnie des deux évêques co-consécrateurs, Mgr
Haas et Mgr Pierre Mamie, président de la Conférence des évêques suisses.
Avant d’imposer les mains aux deux nouveaux évêques, le cardinal les a
invités à promettre d’annoncer l’Evangile et de veiller sur le dépôt de la
foi dans son intégrité, afin d’être de nouveaux maillons dans la châine vivante de la Tradition reçue ds Apôtres. "Frères, l’Eglise diocésaine de
Coire compte sur vous pour que vous soyez des guides dans son pèlerinage de
foi, pour reprendre une expression conciliaire chère à Jean Paul II", leur
a-t-il encore dit en soulignant qu’ils accompliront leur tâche "au milieu
de l’Eglise de Coire en lien étroit avec son pasteur, Mgr Haas, unis aux
prêtres, aux religieux et aux religieuses, aux laïcs engagés et à toute la
communauté des fidèles". Il leur a ensuite imposé les mains, imité par
l’ensemble des évêques présents, avant de les oindre, de leur remettre
l’évangéliaire, l’anneau, la mitre et le bâton d’évêque, symboles de leur
nouvelle fonction.
A la fin de la cérémonie, qui a duré près de trois heures, Mgr Henrici a
assuré que la mission d’unité ecclésiale que le pape Jean Paul II leur a
confiée "sera toujours notre premier souci". Il a également souligné qu’un
évêque ne peut être évêque en dehors du collège épiscopal et sans l’assentiment du peuple de Dieu. Faisant certainement allusion au récent passé
douloureux de Coire, Mgr Paul Vollmar s’est engagé à travailler dans le
sens d’une Eglise de dialogue selon Vatican II.
Quant aux bulles de nominations lues au début de la cérémonie, contrairement à certaines spéculations, si elles font bien allusion aux problèmes
de l’Eglise de Coire, elles ne définissent pas précisémment la répartition
des tâches entre les trois évêques. Mais les deux auxiliaires rencontrant
les journalistes à l’issue de la célébration ont déclaré avoir été touchés
par la confiance qui leur a été donnée par les fidèles qui les ont longuement applaudis. Mgr Vollmar se donne trois à cinq ans pour restaurer l’unité dans le diocèse. (apic/be/mp)