Le problème des uniates d’Ukraine au coeur des débats
Einsiedeln, 22juillet(APIC) La question des uniates d’Ukraine et les problèmes que leur reconnaissance cause dans les relations avec le Patriarcat
de Moscou ont été au coeur des débats à Einsiedeln au cours de l’assemblée
générale de la "Catholica Unio", une oeuvre internationale qui s’occupe des
Eglises orientales.
L’ouverture en Europe de l’Est, et surtout la restauration de l’Eglise
gréco-catholique ukrainienne ont changé le climat oecuménique, notamment
les relations avec l’Eglise orthodoxe russe, a expliqué à l’agence APIC le
secrétaire général de l’oeuvre, le Père augustinien Gregor Hohmann, de Planegg, près de Munich. Les représentants des organisations de la "Catholica
Unio" de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne, ainsi que l’Apostolat
néerlandais pour les Eglises orientales, ont montré de la compréhension
pour les inquiétudes du Patriarcat de Moscou, a-t-il expliqué.
Les orthodoxes sont devenus minoritaires
En effet, des centaines de milliers de fidèles se sont pour ainsi dire
du jour au lendemain déclarés catholiques dans certaines régions, et les
orthodoxes y sont soudainement devenus minoritaires, a-t-il révélé. Cela
signifie évidemment pour l’Eglise orthodoxe russe une perte de substance
considérable, en particulier dans le domaine des vocations sacerdotales et
des ressources financières. Mais estime-t-il, les uniates ukrainiens, qui
durant quatre décennies ont été persécutés pour leur foi et forcés de vivre
dans la clandestinité, ont parfaitement le droit de vouloir être reconnus
comme catholiques. On ne devrait certes pas exiger d’eux, pour des raisons
oecuméniques, qu’ils deviennent orthodoxes. Il relève cependant d’autre
part que du côté des évêques et des prêtres ordonnés clandestinement, on ne
sait pas grand chose de l’oecuménisme d’après le Concile Vatican II.
Pour la première fois, un représentant de l’Allemagne de l’Est prenait
part aux travaux de la "Catholica Unio". Le Père Johannes Wittphol a expliqué son activité au service d’une meilleure compréhension, par les fidèles,
des Eglises orientales ainsi que les changements amenés dans l’Eglise catholique de RDA par les actuels bouleversements politiques. Mais l’intérêt
des catholiques est-allemands pour l’oecuménisme à l’égard des Eglises
orientales ainsi que pour des liturgies de rite byzantin lui semble très
mince. La "Catholica Unio" avait été invitée, pour son assemblée générale,
à siéger à l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln par son Abbé, Mgr Georg Holzherr, depuis l’an dernier président de la "Catholica Unio" suisse. Les membres de cette organisation qui a pour but de développer l’oecuménisme avec
les orthodoxes et les Eglises orientales, sont souvent des prêtres catholiques romains, qui ont la permission de célébrer également des liturgies de
rite byzantin. (apic/ra/be)