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    Un prêtre détenu pour avoir tiré sur des manifestants musulmans

    Egypte: Violents affrontements entre chrétiens coptes et musulmans à cause des cloches

    Minya, 12 février 2002 (APIC) Près de 50 personnes ont été arrêtées après les violents incidents qui ont opposés dimanche chrétiens coptes et musulmans dans le village de Beni Welmes, près de Minya, une importante ville de Haute-Egypte, à environ 250 km au sud du Caire. Un prêtre copte orthodoxe figure parmi les détenus. Les milieux chrétiens égyptiens critiquent l’inefficacité de la police à protéger les minorités et à empêcher les troubles intercommunautaires. Une nouvelle église dédiée à la Vierge a été partiellement incendiée.

    Parmi les 47 personnes encore détenues se trouve un prêtre copte orthodoxe, le Père Luka Ibrahim Serguios, accusé d’avoir tiré sur les jeunes manifestants qui attaquaient sa nouvelle église. Les musulmans se plaignaient du bruit des cloches lors de l’inauguration de l’édifice religieux. La police avait été avertie par l’évêque de la date et de l’heure des festivités pour l’inauguration de l’église de Beni Welmes. Onze personnes, dont deux policiers, ont été blessées dans les bagarres.

    Le Père Luka Ibrahim Serguios a été arrêté pour avoir utilisé son fusil de chasse lors des incidents, affirme le Ministère égyptien de l’intérieur. La plupart des personnes arrêtées sont des musulmans et le Procureur de la localité de Maghagha, dont dépend administrativement Beni Welmes, a commencé son enquête. Au cours des affrontements, le feu a été mis à l’église, qui est endommagée, à des voitures et à des bâtiments adjacents appartenant à des coptes.

    Selon la minorité copte de la localité, de jeunes musulmans ont attaqué l’église à coups de pierres, et son parvenus à briser la cloche - dont le carillonnement les aurait fortement dérangés - et à détruire les croix lumineuses qui ornaient l’édifice religieux.

    Les coptes ne se sentent pas en sécurité

    En janvier 2000, 23 personnes, en grande majorité des coptes, avaient été tuées dans des incidents intercommunautaires dans la localité d’Al- Kocheh, dans le gouvernorat de Sohag, en Haute-Egypte. Le verdict clément à l’endroit des meurtriers avait suscité la réprobation des milieux chrétiens égyptiens, qui se plaignent de ne pas bénéficier d’une protection suffisante. Les coptes forment une minorité de près de 10% des quelque 70 millions d’Egyptiens. Avec la montée de l’islamisme militant, favorisée dans les années 70 par le président Anouar el-Sadate pour lutter contre les courants nassériens et les mouvements de gauche, les incidents interreligieux se sont faits plus fréquents en Haute-Egypte ces dernières décennies. (apic/bbc/orj/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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