Le Caire, 31mai(APIC) L’ aggravation de la situation des coptes en Egypte
se confirme. Des nouvelles alarmantes sont en effet parvenues au Service de
presse pour les Eglises du Silence (Eglisi) établi à Braine-le-Comte, en
Belgique. Des menaces de "guerre sainte" ont été prononcées de la part de
certains groupes musulmans. L’Association Copte Américaine demande aux responsables politiques et religieux de dénoncer cette persécution qui selon
elle, est tolérée par le gouvernement égyptien.
Deux sentences invitant à "exécuter des chrétiens" ont été prononcées le 2
mars aux mosquées de Mena et D’Abu Qurqas, après la prière du vendredi. Par
la suite, cinq églises et des magasins chrétiens ont été détruits dans de
nombreuses villes de la province d’Al-Minya. Des prêtres qui tentaient de
réparer leur église, ont été arrêtés et envoyés en prison à Wadi Al-Natroum.
Des faits similaires se sont produits en avril dans la province d’AlFayoum. Là encore, des églises et des bâtiments appartenant à des chrétiens
ont été détruits. Dans l’édition du 25 avril du journal Al-Ahaly, l’évêque
local, Mgr Abram, proteste contre les humiliations dont ont été victimes le
clergé et les fidèles coptes de la part de groupes islamiques. Des chrétiens ont été mis en demeure de se convertir à l’islam, sous peine de devenir la cible d’une "guerre sainte" de la part des étudiants et des enseignants musulmans. Mgr Abram s’en prend aussi aux médias contrôlés par l’Etat
et au ministre de l’éducation, qu’il accuse d’attiser la haine contre les
chrétiens.
Le 11 mai, un fondamentaliste musulman a tiré sur Shenouda Abdel-Messih,
prêtre copte de l’église Sainte-Marie à Al-Noubaria, près d’Alexandrie,
ainsi que sur son épouse et trois autres fidèles qui venaient d’assiter à
un service religieux. Le lendemain, après des funérailles célébrées à
l’église Sainte-Marie à Alexandrie, des coptes ont organisé une manifestation pour protester contre l’assassinat de six coreligionnaires et la destruction d’établissements appartenant à des chrétiens. A aucun moment les
forces de sécurité ne sont intervenues pour les protéger, affirme l’agence
de presse Eglisi.
Laxisme des autorités
Le président Hosni Moubarak s’est engagé à dédomager totalement les victimes. En fait, selon Eglisi, le gouvernement égyptien n’a remboursé que
10% des dégâts et les compagnies d’assurance ont refusé d’intervenir.
L’Association Copte Américaine demande aux responsables politiques et
religieux de dénoncer cette persécution, que tolère le gouvernement. Elle
suggère aux gouvernements occidentaux d’interrompre toute aide financière
et militaire au gouvernement égyptien aussi longtemps qu’il ne protégera
pas les droits des coptes.
De son côté, l’Organisation égyptienne pour les droits de l’homme a publié, le 3 avril dernier, un document de sept pages faisant le point sur
les violations de la liberté religieuse dans le pays. Elle y dénonce aussi
le laxisme des autorités, qui craignent une confrontation directe avec les
fondamentalistes musulmans et tout particulièrement avec le mouvement extrémiste "Gammaa Islamyia". L’Organisation exige des autorités égyptiennes
qu’elles veillent au respect de l’article 18 de la Déclaration universelle,
ainsi que de la Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion et la conviction.
L’Egypte compte environ 7,5 millions de coptes orthodoxes et quelques
100’000 coptes catholiques, ce qui en fait l’une des Eglises uniates les
plus minoritaires du Proche-Orient. (apic/cip/ba)