Eglise orthodoxe serbe: la fin du schisme américain (240192)
Belgrade, 24 janvier(APIC) Le patriarche Pavle, chef de l’Eglise orthodoxe
serbe, se rendra aux Etats-Unis au mois de février, apprend-on à Belgrade
de source bien informée. Point culminant de la rencontre, la célébration
solennelle le 15 février à Libertyville, dans l’Illinois, marquant le retour de l’Eglise orthodoxe serbe des Etats-Unis à l’Eglise mère. La séparation datait de 1963, en pleine époque communiste. La décision formelle de
ce retour de l’Eglise serbe "libre" a été prise par le Saint-Synode de
l’Eglise orthodoxe serbe lors de sa récente rencontre à Belgrade.
Le premier diocèse orthodoxe serbe avait été fondé aux Etats-Unis il y a
70 ans et englobait alors également le Canada. Il y a actuellement trois
diocèses orthodoxes serbes en Amérique du Nord qui relèvent de la juridiction du patriarcat de Belgrade. En 1963, l’évêque Dionisije avait décidé de
se séparer de l’Eglise mère en Serbie parce qu’il estimait que le patriarcat et l’Eglise de Yougoslavie étaient contrôlés par le pouvoir communiste.
L’Eglise orthodoxe serbe libre formée alors comptait plus de 40 paroisses
et trois évêques, trois autres diocèses étant restés fidèles à Belgrade.
L’évêque Dionisije fut excommunié par le patriarche German et mourut un an
plus tard.
Mgr Christofor Kovacevic, dirigeant actuel de l’Eglise libre s’est rendu
en mai 1991 à Belgrade. Il avait alors ouvert un dialogue sur le rattachement des deux Eglises. Le Synode de l’Eglise libre américaine a ensuite accepté le principe de la réunification. Les documents officiels concernant
le rattachement doivent être signés par les orthodoxes serbes au couvent de
St-Sava à Libertyville, près de Chicago.
Sous la direction du patriarche Pavle, l’Eglise orthodoxe serbe a pris
de plus en plus ses distances par rapport au pouvoir communiste, en rappellant notamment que l’Eglise orthodoxe n’avait jamais été et ne serait jamais le porte-parole du communisme athée. "Les communistes serbes et l’armée fédérale dominée par les communistes n’ont pas le droit de parler au
nom du peuple serbe", peut-on lire dans un message paru il y a quelques
jours. (apic/kap/mp)