: EGLISE DE ST-LAURENT A LAUSANNE ---------
témoins et acteurs de la "sc ne ouverte" lausannoise
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(SPP / 27.09.1994) La paroisse réformée de St-Laurent et la
Municipalité de Lausanne ont invité lundi 26 septembre les habitants de
ce quartier du centre ville é une soirée d’information et de
discussion portant sur "les escaliers de St-Laurent". Il n’y fut pas
question d’urbanisme, mais bien de toxicomanie, puisque les marches
menant au temple sont devenues un lieu d’échange et de ralliement pour la
population toxicomane lausannoise.
St-Laurent n’a rien de comparable avec le Letten: une quinzaine de
toxicomanes en moyenne s’y retrouvent chaque jour. Néanmoins cette
présence visible au coeur des rues marchandes crér un malaise. Des
commeréants ont fait circuler des pétitions demandant notamment
d’interdire par des barri res l’acc s aux marches de l’église.
Certains paroissiens de leur coté se plaignent de la saleté aux abords du
lieu de culte. D’autres habitants du quartier se préoccupent des effets
incitatifs de cette "sc ne ouverte de la drogue" sur les mineurs. On
craint aussi les agressions et les actes de violence qui pourraient se
développer. C’est dans ce climat que la paroisse de St- Laurent a pris
l’initiative, soutenue par la Municipalité, d’organiser une rencontre
destinée é dédramatiser la situation, mais surtout é permettre
d’instaurer un dialogue entre autorités, témoins et acteurs. L’ampleur du
probl me de la drogue dépasse largement les escaliers de Saint-Laurent et
le conseil de la paroisse du centre ville - favorable é une époque é une
solution de "nettoyage" - en a pris conscience. "Il faut faire avec,
estime Henri Chabloz, diacre é Saint-Laurent, et lutter contre toute
forme d’exclusion." Pour ses "paroissiens des marches", mais aussi
pour d’autres démunis du quartier, l’église de St-Laurent a mis sur
pied, avec l’appui d’un certain nombre de commeréants, une
distribution de nourriture qui a lieu tous les mercredis soirs.
L’église se veut ouverte, sans barri re, et dans cette optique, des
moments de pri res ont lieu cinq fois par semaine. Le phénom ne de la
drogue est un probl me de société, plusieurs intervenants, au nombre
desquels la syndique de Lausanne Mme Yvette Jaggi, l’ont rappelé. Sur le
plan local, trois motions sont pendantes, demandant é la Municipalité une
définition claire de la politique communale face au probl me. En ce qui
concerne le site de St-Laurent, la volonté des autorités est de diminuer
son attractivité. La police municipale, qui a du reste renforcé sa
présence, op re selon deux axes: prévention aupr s des mineurs (dans
les écoles et sur le terrain) et répression lorsqúune infraction est
constatée, a expliqué Gérald Hugenlocher, commandant de la police
lausannoise. 4 000 toxicomanes sont recensés dans le canton. L’an
dernier, la police vaudoise a saisi 44 kg de cannabis, 16 kilos
d’héroéne et 600 grammes de cocaéne, ce qui représenterait, selon le
commandant de la police vaudoise, 5% des produits consommés dans le
canton. La région zurichoise demeure le principal pourvoyeur de produits.
L’église bondée ce lundi soir et le débat parfois virulent
témoignaient du degré de préoccupations, mais aussi parfois
d’incompréhension entre certains participants et toxicomanes présents.
Aucune solution miracle n’est apparue, mais la rencontre aura permis un
début de dialogue. L’expérience pourrait d’ailleurs se renouveler sous
une autre forme, en plus petit comité, précise Henri Chabloz. (SPP/mms)
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