Eglise arménienne:
pense ce qui serait le plus facile serait l’union des deux Eglises arméniennes, catholique et orthodoxe, car le facteur national est primordial:
la langue liturgique est la langue nationale; en 301, quand Saint Grégoire
Au IIIème siècle, sous le roi Tiridate III, l’Arménie devint chrétienne, avec saint Grégoire l’Illuminateur comme premier évêque. L’Eglise arménienne est dite "préchalcédonienne", comme les autres Eglises détachées du tronc commun en 451 lors du Concile de Chalcédoine. L’Eglise arménienne est une Eglise nationale; chez les Arméniens, il est difficile
de distinguer entre nation et religion.
. Ce serait plus facile que pour
l’union
entre l’Eglise catholique et l’Eglise anglicane
"Le monde chrétien a oublié l’Arménie!"
Appel au secours de Mgr Aykazian, évêque arménien de Suisse (080393)
L’Arménie démoralisée succombe sous le blocus azerbaïdjanais
Genève, 8mars(APIC) L’Arménie passe l’un des hivers les plus durs de son
existence, étranglée par un blocus de fer qui dure depuis plus de trois
ans. Tandis que la pénurie d’énergie paralyse usines et transports et que
la guerre fait toujours rage dans le Haut-Karabakh, la population, complètement démoralisée, endure la faim et le froid. Dans l’indifférence
totale de l’Occident, dénonce l’évêque des Arméniens de Suisse. Témoignage.
"Le monde chrétien a complètement oublié l’Arménie, alors que ce
pays, qui fut le premier Etat chrétien du monde en l’an 301, est en train
de succomber au blocus imposé par l’Azerbaïdjan", lance Mgr Viken Aykazian dans un appel au secours pathétique adressé à la conscience occidentale. Evêque du diocèse de Suisse de l’Eglise apostolique arménienne
depuis l’automne dernier, Mgr Aykazian est en contact permanent avec sa
patrie meurtrie par le tremblement de terre de décembre 1988. Il s’y
rend quatre à cinq fois par an pour apporter l’aide de la diaspora arménienne de Suisse.
Pas mieux que la Bosnie...
"Ce qui se passe en Arménie n’est peut-être pas pire que la situation en
Bosnie, mais ce n’est pas mieux!", martèle l’évêque arménien, en rappelant
que son peuple n’a pas besoin de belles paroles, mais de nourriture pour
ses enfants... C’est que l’Arménie soviétique devenue entretemps indépendante, qui a bénéficié d’un élan de solidarité extraordinaire lors du
séisme meurtrier de 1988 - l’on avance le chiffre de 100’000 morts, quatre
fois plus qu’avoué officiellement - n’intéresse aujourd’hui plus grand
monde. Et pourtant, la situation n’a jamais été aussi grave.
900’000 personnes sans abri
Aujourd’hui, alors que l’approvisionnement du pays par chemin de fer ou
par la route est bloqué, il y a près de 900’000 Arméniens sans abri et les
rigueurs de l’hiver déciment les plus faibles. Les convois d’aide qui
devraient pouvoir passer par la Géorgie - car la Turquie participe au
blocus de façon zélée - ne sont pas épargnés par les pillages, vu les
troubles qui désorganisent le voisin du Nord.
La majorité des sans-abri vivent entassés dans des locaux souvent pas du
tout chauffés. Ce sont les victimes du violent séisme de 1988 (seuls 21 %
des maisons détruites ont été reconstruites en quatre ans!) et les 350’000
réfugiés qui ont abandonné précipitamment l’Azerbaïdjan après les pogroms
anti-arméniens de Soumgaït (février 1988) et de Bakou. Ils ont été rejoints
par ceux qui ont fui les combats pour le contrôle du Haut-Karabakh, une
enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais, où les combattants arméniens sont en train de marquer des points contre les Azéris. Une guerre que
l’Arménie paie au prix fort!
"Pas une guerre de religion"
S’il sollicite la solidarité du monde chrétien avec l’Arménie, un peuple
qui a tant souffert durant son histoire - pensons au génocide perpétré en
1915 par les Turcs, qui a fait un million et demi de victimes - l’évêque
Aykazian se refuse à qualifier le conflit actuel de "guerre de religion"
menée par des voisins musulmans. "Ce n’est pas une guerre de religion, car
si Sheik-ul-Islam, président du Conseil des musulmans du Caucase, lançait
le "djihad", la guerre sainte contre les Arméniens, ce serait le commencement de la fin: c’est alors qu’arriveraient les Afghans, les Arabes,
les Turcs..."
Les responsables religieux arméniens et azerbaïdjanais se sont
d’ailleurs rencontrés début février à Montreux pour lancer un appel à la
conciliation. Mgr Vasken Ier, patriarche catholicos suprême de tous les
Arméniens, et Sheik-ul-Islam Pacha-Zadeh, ont convenu à cette occasion
de créer un "Fonds humanitaire international uni" destiné à secourir les
victimes de ce conflit, sans distinction de religion et de nationalité.
Ce Fonds sera parrainé conjointement par le Conseil oecuménique des
Eglises (COE) et le Conseil islamique international de la Daw’a, représentés à Montreux.
Les participants à la rencontre ont en outre demandé aux présidents de
l’Azerbaïdjan et de l’Arménie de coopérer dans le cadre des négociations de
paix portant sur le Haut-Karabakh, qui se déroulent dans le cadre de la
Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).
Des attitudes "suicidaires": danger d’un nouveau Tchernobyl
Mais sur le terrain, la situation continue d’être dramatique. Avec
seulement une à deux heures d’électricité par jour et, faute de pétrole les ennemis Azéris ayant fermé le robinet - les gens sont contraints de
couper les arbres pour se chauffer et faire la cuisine. "Ces dernières
années, un million d’arbres ont déjà été abattus", selon le ministre de
l’écologie G. Danilian, une vraie catastrophe!
Ainsi la population est tellement démoralisée, note l’évêque arménien,
qu’elle adopte des attitudes qu’on pourrait qualifier de "suicidaires":
pour se réchauffer, les gens ont commencé à boire de l’alcool de bois, une
potion très dangereuse pour la santé ! Bien plus, les autorités d’Erevan
étudient sérieusement la possibilité de remettre en marche la centrale
nucléaire de Medzamor, située à moins de 30 kilomètres de la capitale
arménienne et fermée à la suite du tremblement de terre de 1988. Un
nouveau Tchernobyl en puissance qui toucherait également les voisins, note
Mgr Aykazian, "mais les 3,5 millions d’Arméniens ont-ils vraiment le
choix si personne ne les aide ?" La balle est dans le camp des Occidentaux, conclut-il, qui doivent faire lever le blocus que leurs alliés
Turcs imposent à l’Arménie. (apic/be)
Encadré
Au IIIème siècle, sous le roi Tiridate III, l’Arménie devint chrétienne,
avec saint Grégoire l’Illuminateur comme premier évêque. L’Eglise arménienne est dite "préchalcédonienne", comme les autres Eglises détachées du
tronc commun en 451 lors du Concile de Chalcédoine. L’Eglise arménienne est
une Eglise nationale; chez les Arméniens, il est difficile de distinguer
entre nation et religion.
En Suisse, la communauté arménienne, concentrée dans les villes, compte
environ 5’000 fidèles (à 99 % orthodoxes), dont plus de 2’000 à Genève. Le
diocèse de Suisse, dirigé par Mgr Aykazian, compte 6 paroisses dans tout le
pays. Mgr Aykazian, qui a un passeport turc, est originaire de "l’Arménie
historique" - aujourd’hui en "territoire occupé", souligne-t-il, c’està-dire en Anatolie turque. Il a étudié au séminaire patriarcal arménien
de Jérusalem, puis au King’s College de Londres (théologie anglicane), et
enfin à l’Université de Fribourg, où il fut notamment l’élève de Mgr Corecco. (apic/be)