Mgr Lefèbvre reçu au Vatican : rencontre dans un "climat de communion"
Econe/Rome, 18octobre(APIC/CIP) C’est dans "un climat de communion" qu’a
eu lieu samedi la rencontre entre le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de
la Congrégation pour la doctrine de la foi, et Mgr Marcel Lefèbvre, chef de
file des intégristes suspendu "a divinis", révèle dans un communiqué la
salle de presse du Saint-Siège. Interrogé par l’agence APIC, l’abbé Franz
Schmidberger, vicaire général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, a
déclaré qu’"il n’était absolument pas question", en échange d’une
réintégration dans l’Eglise catholique, que les traditionnalistes acceptent
le Concile Vatican II. Le numéro deux du mouvement intégriste a déclaré que
le mouvement ne "cédera pas d’un pouce" en ce domaine.
Le prélat français, qui avait déjà été reçu au Vatican le 14 juillet
dernier, a accepté à l’issue de cette nouvelle rencontre, la nomination par
le pape d’un visiteur apostolique, qui aura pour mission de "recueillir les
éléments et informations nécessaires pour définir les termes d’un statut
canonique de la Fraternite sacerdotale Saint-Pie X. Ce visiteur apostolique
n’aura de comptes a rendre qu’au pape Jean Paul II directement. Et, pour
favoriser l’issue de cette entreprise, il a été convenu de part et d’autre
de s’en tenir à la plus stricte réserve. A Econe, on parle de l’éventuel
nomination comme visiteur apostolique du cardinal Hyacinthe Thiandoum, successeur de Mgr Lefèbvre à l’archeveché de Dakar, ou du cardinal Giuseppe
Siri, ancien archeveque de Genes.
De l’avis de certains observateurs au Vatican, on pense que cette régularisation canonique pourrait prendre la forme d’une prélature personnelle
sur le modèle de l’"Opus Dei". Il faudrait également régler le statut des
pretres ordonnés par Mgr Lefèbvre, éveque suspendu "a divinis". Leur ordination est valide, mais considérée comme illicite par l’Eglise catholique.
Ces ordinations pourraient devenir licites à certaines conditions. Le visiteur apostolique aura pour tache de donner une structure à la Fraternité
sacerdotale Saint Pie X. Mais, rappelle le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des éveques suisses, interrogé en tant que canoniste
par l’agence APIC, cette régularisation impliquerait du point de vue
doctrinal - et cela se refléterait dans le statut de cette prélature personnelle - une acceptation du Concile Vatican II, avec toutes ses conséquences.
Pas question d’une formation ultérieure des pretres intégristes
Concernant l’éventuelle exigence par le Vatican d’une formation ultérieure ou complémentaire pour les pretres sortis des séminaires de la Fraternité, l’abbé Schmidberger est catégorique : "Une formation en quoi? Dans le
modernisme ou quoi? Il faut quand meme etre un peu sérieux. Nos gens sont
bien formés. Une telle éventualité est complètement à exclure!" Quant à la
reconnaissance éventuelle du Concile Vatican II, le vicaire général de la
Fraternité affirme que cette condition n’avait pas encore été posée, mais
que ce serait un obstacle impossible à franchir : "Pas question de reconnaitre Vatican II, on a toujours dit que nous refuserions. Dans ce cas, ce
n’est pas la peine de dialoguer avec nous! C’est la position de toute la
Fraternité."
Y a-t-il alors une possibilité de réconciliation sur cette base? "Demandez au cardinal Ratzinger, c’est lui qui doit répondre à cette question;
nous, nous n’abandonnons pas notre postion. Ou on a une solution ou l’on
n’en a pas, mais pour nous, il est impossible de céder dans ce domaine",
conclut l’abbé Schmidberger. (apic/be)