Ecône : pas de campagne en faveur de la sortie de l’Eglise (220788)
Villars-sur-Glâne/Rickenbach, 22juillet(APIC) "Nous n’inciterons pas nos
fidèles à boycotter l’impôt ecclésiastique, nous ne donnons aucune consigne
en ce sens; on ne veut pas sortir de l’Eglise, car nous sommes catholiquesromains et nous voulons le rester", affirme l’Abbé Lukas Weber, économe du
District de Suisse de la Fraternité Saint-Pie X, à Villars-sur-Glâne (FR).
Même son de cloche au siège mondial du mouvement traditionaliste à
Rickenbach (SO), ou l’Abbé Bernard Fellay, sacré évêque contre la volonté
de Rome le 30 juin dernier et désormais excommunié, affirme qu’il n’est pas
question de faire une telle démarche. "Les fidèles font ce qu’ils veulent,
poursuit le supérieur du District de Suisse, mais nous ne donnons absolument aucune directive; de toute façon, nous n’avons jamais reconnu qu’il y
avait eu une rupture, nous affirmons que nous sommes toujours catholiques".
Même si "les autres considèrent que nous sommes hors de l’Eglise catholique et crient au schisme", affirme l’Abbé Weber, la Fraternité Saint-Pie X
estime que cela n’est pas prouvé suffisament par des arguments théologiques. L’économe du District de Suisse est d’avis qu’il serait normal que la
Fraternité Saint-Pie X puisse également profiter des impôts ecclésiastiques, ce qui n’a jamais été possible jusqu’à maintenant. L’Abbé Weber met
son espoir dans la nouvelle législation sur les rapport entre les Eglises
et l’Etat dans le canton de Fribourg pour avoir un "statut particulier à
l’intérieur de l’Eglise catholique". Mais il relève qu’aucune démarche officielle n’a encore été effectuée dans ce sens par la Fraternité. De toute
façon, estime le Père Christoph Stulz, chancelier épiscopal à Fribourg,
c’est une hypothèse dénuée de fondement, étant donné que le mouvement d’Ecône est en rupture avec l’Eglise universelle. Il relève également que suite à la consommation du schisme le 30 juin dernier par Mgr Lefebvre, on n’a
pas remarqué une augmentation particulière des sorties d’Eglise.
Le Père Roland B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques
suisses, souligne pour sa part que ceux qui se reconnaissent publiquement
comme fidèles de Mgr Lefebvre sont excommuniés, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent plus recevoir les sacrements de l’Eglise, mais ils ne cessent cependant pas d’appartenir à l’Eglise du point de vue canonique. Pour sortir de
l’Eglise, dans le cas ou il n’y a pas séparation entre l’Eglise et l’ Etat,
ils doivent en faire la demande explicitement, selon les diverses procédures prévues par les cantons. Si la demande explicite n’est pas faite, les
fidèles sont tenus de continuer à payer l’impôt ecclésiastique, qui n’est
pas seulement, du point de vue de l’Eglise, une contribution financière,
mais cette solidarité matérielle est aussi l’expression d’une foi commune.
(apic/be)