"Pourquoi j’ai rompu avec la Rome Conciliaire"
Ecône, 21juin(APIC) Mgr Lefebvre se justifie devant les médias. Dans une
lettre du 19 juin à la presse internationale, il explique pourquoi il a
rompu le dialogue avec Rome et décidé d’ordonner 4 évêques le 30 juin prochain à Ecône, refusant ainsi de reconnaître l’accord signé le 5 mai
dernier avec le cardinal Ratzinger. En réponse à la longue lettre publiée
par le Vatican le 16 juin, Mgr Lefebvre présente aujourd’hui sa lecture des
faits.
Selon Mgr Lefebvre, les "mesures sectaires et nulles" prises par Rome à
l’encontre de la Fraternité Saint Pie X et de son fondateur (fermeture de
l’oeuvre et "suspense" du prélat) instauraient un climat de méfiance dès
1975 déjà. Jusqu’en 1987, les rapports se sont déroulés "dans un climat
toujours tendu, quoique poli". Ecône espérait que "l’auto-démolition de
l’Eglise s’accélérant, on finisse par nous regarder avec bienveillance".
Pour "assurer ordinations et confirmations" dans la ligne de son oeuvre
et devant l’opposition de Rome, le 29 juin 1987 Mgr Lefebvre devait annoncer sa décision de consacrer des évêques. Le 28 juillet Rome manifesta des
signes d’ouverture : le Vatican annonce une visite des séminaires de la
Fraternité. Nouveau froid, les colloques qui ont suivi la visite du cardinal Gagnon en novembre-décembre 87 "nous ont bien déçus", affirme Mgr
Lefebvre. "On nous remet un texte doctrinal, on y ajoute le nouveau Droit
Canon, Rome se réserve 5 membres sur 7 dans la Commission Romaine" chargée
du dialogue avec Ecône. Le cardinal Ratzinger "insiste sur l’unique Eglise,
celle de Vatican II".
"Malgré ces déceptions, je signe le Protocole le 5 mai. Mais déjà la
date de la consécration épiscopale fait problème" écrit Mgr Lefebvre. Le
climat se dégrade. Selon l’évêque, très vite il "n’est plus du tout à la
collaboration fraternelle et à une pure et simple reconnaissance de la Fraternité". Rome parle de réconciliation et de "retour de la brebis égarée
dans la bergerie". Les interlocuteurs n’ont pas le même langage. Mgr Lefebvre annonce alors qu’il consacrera 4 évêques le 30 juin prochain.
"Quand nous pensons à l’histoire des relations de Rome avec les Traditionalistes de 1965 à nos jours, nous sommes bien obligés de constater que
c’est une persécution sans répit et cruelle pour nous obliger à la soumission au Concile", conclut l’évêque. (apic/ym)