Vers un rapprochement ? Le "no comment" du Vatican
Rome/Econe, 4octobre(APIC) Au Vatican, affirme Dom Giovanni D’Ercole, vice-directeur de la salle de presse du Saint-Siège, il n’y a pas de commentaire, c’est le "no comment" complet suite aux déclarations faites vendredi
à Econe par Mgr Marcel Lefebvre, chef de file des intégristes. Selon Mgr
Lefebvre, - qui est age de 82 ans et qui est préoccupé par sa succession il y aurait "quelque espoir" d’une reprise du dialogue avec Rome et d’une
détente déterminée par son annonce de vouloir renvoyer à plus tard son projet de consécration de quatre éveques. Cet acte aurait en effet consommé de
manière définitive la rupture avec Rome, dans la mesure ou il aurait donné
lieu a la création d’un groupe schismatique. D’autre part, samedi au siège
de la Fraternité Saint-Pie X à Econe, en Valais, plus de trois mille personne ont participé à une grand-messe célébrée par Mgr Lefebvre à l’occasion des 40 ans de son ordination épiscopale. Contrairement à ses dernières
homélies, son allocution de samedi était plutot conciliante.
Célébrée par Mgr Lefebvre (la concélébration est illicite dans la conception traditionnaliste), la grand-messe de samedi matin sous une tente à
Econe, fort fréquentée puisque de nombreuses personnes ont du rester dehors, a été l’occasion d’un grand rassemblement traditionnaliste : nombreux
étaient les fidèles venus de France, d’Allemagne, voire d’Italie, d’Autriche ou de Belgique. Des dizaines de pretres traditionnalistes accompagnaient les 180 séminaristes venus des séminaires d’Econe (Valais), de Flavigny (près de Dijon) et de Zaitzkofen en Bavière, près de Ratisbonne. Durant son homélie - au ton inhabituellement conciliant - Mgr Lefebvre a évoqué sa carrière épiscopale : éveque à Dakar, délégué apostolique pour
l’Afrique francophone, avant d’etre appelé par le pape Jean XXIII pour la
préparation du Concile, son passage comme éveque de Tulle puis son élection
à la tete des Spiritains. Mais, refusant que l’esprit nouveau venu du Concile ne s’introduise dans sa congrégation, ne "voulant pas collaborer à sa
destruction", il a démissionné en 1968, avant de venir à Fribourg et de
fonder le 1er novembre 1970 "avec l’encouragement de l’éveque, Mgr Charrière" la Fraternité Saint Pie X.
Evoquant la situation actuelle, il a parlé du "temps de persécution"
contre la Fraternité. Il a ajouté qu’après sa rencontre le 14 juillet dernier avec le cardinal Ratzinger à Rome, il y avait peut-etre eu "une intervention de certains éveques ou cardinaux auprès du pape en notre faveur".
Pour Mgr Lefebvre, c’est le 14 juillet que l’on a pour la première fois
proposé des choses intéressantes pour la Fraternité, mais il n’est pas
entré dans les détails.
D’autre part, au Vatican, on ne confirme ni ne dément l’information,
provenant toujours de Mgr Lefebvre, selon laquelle celui-ci se rendra à Rome entre le 15 et le 20 octobre. Notons que selon Mgr Lefebvre, le Vatican
aurait accepté les plus importantes requetes de la Fraternité Saint Pie X,
dans une lettre du Vatican du 28 juillet dernier. Les concessions du SaintSiège porteraient sur trois points : la continuité des séminaires de la
Fraternité Saint Pie X, la permission de conserver la liturgie antérieure
au Concile Vatican II, avec la messe en latin, et l’envoi à Econe d’un cardinal visiteur. (apic/be)