L’érection d’un nouveau carmel sans conséquence sur le dialogue avec Rome?
Rickenbach, 6janvier(APIC) Affirmer que l’ouverture d’un carmel traditionnaliste au Mont-Pèlerin, dans le canton de Vaud, est une "provocation"
parce que le cardinal Gagnon, délégué pontifical, n’a pas encore publié les
conclusions de sa visite apostolique effectuée dans les séminaires de la
Fraternité sacerdotale St-Pie X est "un argument nul", a déclaré mercredi
l’abbé Franz Schmidberger, vicaire général de ladite Fraternité. Il a
précisé que le mouvement traditionnaliste n’avait jamais dit qu’il arrêterait son action : "Nous continuons avec constance, paix et sérénité notre
développement".
Le cardinal Gagnon n’aurait jamais demandé que le mouvement ralentisse
son expansion. En ce qui concerne les fruits de cette visite, l’abbé Franz
Schmidberger estime que "tout dépend du pape, beaucoup au moins; quant au
cardinal Gagnon, il s’est exprimé d’une façon très positive sur l’esprit et
le travail de notre oeuvre".
Le vicaire général de la Fraternité sacerdotale St-Pie X a senti un courant de sympathie pour son mouvement lors de cette visite. Il est évident
pour lui que le climat à Rome est beaucoup plus favorable qu’il y a seulement trois ans. Cela vient, affirme-t-il, du fait que "de nombreuses personnes ont compris que le développement actuel de l’Eglise est un désastre
et qu’il y a quand même des forces très positives dans l’Eglise qui ont
gardé un esprit de fidélité à l’Eglise et d’attachement à la tradition". Si
les divergences théologiques demeurent, tient-il a relever, "nous cherchons
plutôt des solutions pratiques, bien que nous n’ayons jamais refusé de
réduire nos différends théologiques avec Rome". Mais il n’est pas question
pour lui d’arriver à un accord sur la liberté religieuse et il réitère son
rejet de "l’oecuménisme tel qu’il est pratiqué aujourd’hui", démontré notamment lors de la rencontre de prière d’Assise, qu’il qualifie de "scandale". Concernant la reconnaissance du Concile Vatican II, la visite du cardinal Gagnon ne devrait pas changer grand’chose : "Sans entrer dans le
détail des négociations, nous ne savons pas si cette visite va changer
quelque chose dans le futur, mais nous n’avons jamais dit que nous accepterions le Concile Vatican II".
La prise de position de l’évêché de Lausanne, Genève et Fribourg sur le
carmel du Mont-Pèlerin ne l’a pas autrement surpris : "C’est pas la première, cela ne nous ébranle pas tellement. Que Mgr Mamie créé un carmel avec
l’ancienne messe, l’ancienne discipline, et nous nous abstenons de venir
dans son diocèse". Malgré les mises au point de Mgr Mamie et de Mgr Schwery
concernant les carmels du Mont-Pèlerin et de Niouc, l’abbé Schmidberger ne
pense pas que cela aura des conséquences dans le dialogue avec Rome "qui
est à un autre niveau". "Si nous résolvons le problème à Rome, les problèmes subordonnés, à un niveau local, vont se résoudre d’eux-mêmes, poursuit-il, car si les problèmes sont réglés à la tête et par la tête, les
membres devront suivre, même si certaines évêques vont certainement essayer
de faire des pressions au Vatican". Mais conclut-il, "c’est un combat dans
lequel nous vivons, et nous n’avons jamais évité le combat, s’il est nécessaire pour la foi. C’est vrai que l’Eglise actuelle a pris une orientation
nouvelle contraire à la tradition, qui parfois engage la foi elle-même,
comme l’évènement d’Assise." (apic/be)