E. Cardenal: Ce n’est pas l’échec du socialisme, c’est celui du modèle sta-
sont intacts. Le christianisme, par exemple, a connu au cours de son histoire d’innombrables aberrations et perversions. Cela ne m’empêche pas
d’être chrétien.
Je crois que les principaux représentants de la théologie de la libération, plus que nul autre, continuent d’accorder leur confiance inébranlable
au socialisme. Ne sont-ils pas les derniers à avoir épouser la cause du socialisme? Leur foi n’est pas uniquement au service d’un projet humaine,
mais aussi et surtout au service d’un projet divin pour une société fraternelle. Pour le triomphe de la justice et de l’amour sur cette terre.
J’aimerais en outre rappeler que tout ce qu’a entrepris le modèle de socialisme dit stalinien est négatif. Il y a eu de grands acquis sociaux sous
ces régimes aujourd’hui abattus par les peuples. Ces derniers se rendront
compte, plus tard, de ce qu’ils ont perdu et de ce qu’ils ont gagné avec
les nouveaux systèmes capitalistes pour lesquels ils se sont illusionnés.
Quant à savoir si la situation est réversible... Je crois qu’elle l’est
et qu’il n’existe pas d’autres moyens que de tout recommencer. A ce propos,
un ami me rappelait une phrase de Fidel (réd, Fidel Castro): "Les mêmes
causes qui amenèrent un jour les luttes existent actuellement".