Dulliken : Rencontre des délégués des Conseils pastoraux (011089)
Dulliken, 1eroctobre(APIC) Les délégués des Conseils pastoraux de Suisse
se sont réunis à Dulliken les 29 et 30 septembre pour réfléchir sur le thème : Jeunesse et Eglise. Deux situations géographiquement différentes ont
été présentées aux participants : St-Gall et Neuchâtel. François Fontana,
de Genève, a également brossé le portrait du Carrefour romand de la jeunesse catholique (CRJC).
A quelques nuances près, les relations des jeunes avec l’Eglise (institution ou communautés paroissiales) sont partout les mêmes. Dans les années
60-70, les goupes traditionnels et bien structurés (milieu étudiant, groupes paroissiaux) ont peu à peu disparu. Il y eu Mai 68 et la naissance
d’autres groupes de jeunes, plus spontanés, d’une part; mais il y eut aussi
- crise des vocations oblige - un manque de prêtres, de jeunes prêtres
fonctionnant comme aumôniers et assurant la continuité. La sécularisation
déployant ses effets à plein, les jeunes - jeunes adultes surtout - affirment ne plus appartenir à l’Eglise (plus de 90% de la population âgée de 18
à 25 ans à Genève, selon une enquête du CRJC).
Fin des années 70 (au moins pour les trois cantons présentés), uns
structure d’animation et de coordination est mise en place à la demande des
jeunes qui placent un des leurs comme responsable. Depuis 11 ans à Genève,
8 ans à St-Gall, ces postes d’animateurs laïcs sont financés par l’Eglise.
A Neuchâtel, faute de moyens, ces postes ont été supprimés.
A plusieurs reprises, dans la discussion, ont été évoquées les difficultés rencontrées partout pour créer et maintenir de tels postes de travail,
confiés à des laïcs. "Nous devons justifier et défendre ardemment notre
budget chaque année", commentait Christoph Zoller, animateur à St-Gall où
les paroisses ont ouvert quatre centres pour les jeunes, tous très fréquentés. Autre problème évoqué : leur formation; le passage quasiment obligatoire par un institut de formation théologique et pastoral (l’IFM à Fribourg, par exemple) semble un handicap.
Quelle évangélisation pour les jeunes
La définition du travail pastoral auprès des jeunes fut aussi source de
difficultés. Selon certains - en particulier les responsables de
communautés paroissiales - il s’agirait de conduire les jeunes à l’église.
L’évangélisation des jeunes, c’est autre chose, répondent les animateurs :
il faut les ouvrir à Dieu en investissant dans tous leurs besoins.
A partir de cette affirmation, un imposant "Jugend - Pastoral- Konzept"
a été développé dans le diocèse de Saint-Gall. Ce concept est représenté
sous la forme d’une pyramide dont la base est représentée par toutes les
activités récréatives des jeunes, avant d’atteindre, au sommet, l’affirmation de la voation du chrétien. Ceci après des degrés permettant une meilleure communication dans un groupe, une affirmation de soi et un apprentissage de la solidarité, de la prière, de la contemplation de Dieu dans sa
Parole.
Le CRJC, présenté par François Fontana, s’est créé à la suite de la
visite pastorale du pape Jean Paul II en Suisse, en juin 1984. les divers
organismes de jeunesse de l’Eglise catholique en Suisse romande se sont
rencontrés pour préparer ensemble la soirée des jeunes avec le pape, à la
patinoire de Fribourg. Depuis ce temps fort, les responsables des
mouvements se rencontrent quatre fois par an pour une réflexion. En
1988/89, celle-ci était basée sur "Evangélisation et animation de jeunesse
en Eglise". Mgr Gabriel Bullet, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne,
Genève et Fribourg, a participé à toutes les rencontres du CRJC.
A Neuchâtel, la Comission cantonale de coordination jeunesse (qui regroupe tous les mouvements de jeunes du canton) a élaboré un volumineux
dossier sur les mouvements de jeunes et une analyse sociologique de la situation des jeunes dans la famille, le monde du travail ou les autres composantes de la société. Malheureusement, cet important dossier n’a guère eu
de suite. Soumis à discussion, il n’a suscité que quatre réponses. Par manque d’argent, les animateurs du bas du canton ont dû quitter leur travail.
Questions sans réponses
Enfin, la discussion générale des délégués a porté sur de nombreuses
questions. Faut-il, dans cette pastorale, chercher à répondre aux besoins
des jeunes là où ils sont ou vouloir les ramener dans les églises ? Comment
améliorer la connaissance réciproque des mouvements de jeunesse et des
organisations paroissiales ? Comment mieux coordonner les activités
pastorales comme la catéchèse des adolescents, la pastorale des jeunes ? En
plus de la formation des animateurs laïcs dans les instituts spécialisés,
n’y aurait-il pas la possibilité de reconnaître d’autres parcours, en
tenant compte du fait que la période de travail en milieu jeunes, pour les
animateurs, est limitée dans le temps ? Questions sans réponses, soumises
simplement à l’attention des conseils pastoraux diocésains ou cantonaux.
(apic/ys/bd)