Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Du bon usage des cassettes vidéo (070593)

    Fribourg, 7mai(APIC) Thème très concret, cette année, pour le dimanche

    des médias: les cassettes audio et vidéo. Il permet un moment de réflexion

    sur un progrès technique qui a envahi tous les foyers, dont il faut mesurer

    l’usage. et la question fondamentale, déjà posée l’an dernier, subsiste:

    comment annoncer l’Evangile dans le contexte de cette civilisation de la

    communication électronique?

    Tous les matins, Muriel, 10 ans, arrivait en classe avec les yeux rougis, très excitée. Ses parents travaillaient en ville et quittaient le village - dans la campagne fribourgeoise - de bonne heure. Ils réveillaient

    l’enfant et, pour l’occuper, allumaient la TV et lui laissaient le choix

    des cassettes vidéo peu adaptées à son âge qui garnissaient les étagères du

    salon: films pornographiques, violences, policiers... Qu’elle racontait ensuite à sa maîtresse. Alors que beaucoup d’adultes sont incsapables de faire fonctionner un magnétoscope, certains enfants à l’âge de l’école maternelle savent repérer dans un film la scène qu’ils aiment, que ce soit dans

    "Blanche-Neige" ou dans "E.T.", "L’Ours" ou "Maman j’ai raté l’avion". Que

    de fois ont-ils visionné ces films? Plus de la moitié des foyers, en Suisse, sont équipés de magnétoscopes. ces appareils figurent en bonne place

    dans les salles de classes, de paroisses... Quel usage en fait-on?

    Quel parent n’a pas été confronté aux choix de leurs enfants en matière

    de programme TV? Que de conflits la musique n’a pas provoqué dans les familles! Dans chaque discussion revient la piètre qualité des programmes télévisés destinés aux enfants. Et de baisser les bras parce qu’il n’est pas

    facile de trouver, même en cassette vidéo, un autre choix. Jusque dans les

    supermarchés, des rayons offrent des films à succès diffusés sur support

    vidéo. Ce qui marche le mieux, assurent les csommerçants, ce sont les films

    de violence, ceux que la TV n’ose pas (encore) diffuser, au moins en début

    de soirée. Marché florissant que celui de la vidéo; deux ou trois firmes le

    contrôlent à 90 %. Et imposent facilement leur type de produits.

    Mais d’autres productions existent. La Fédération des paroisses catholiques du canton de Vaud a développé un projet audacieux: depuis deux ans,

    elle a financé cinq films produits par les Films du Levant, réalisés par

    Jacques Michel. "Clins Dieu", ou comment des jeunes peuvent dire Dieu; "On

    l’aimait déjà", film consacré à l’adoption d’enfants handicapés; "Trois Mariages", ou trois couples qui réagissent face à la proposition de mariage

    sacramentel que leur fait l’Eglise; "Aux côtés des réfugiés", l’enjeu de

    l’accueil des réfugiés pour les paroisses et les chrétiens de Suisse romande. De son coté, l’Union des religieuses apostoliques a commandé une cassette de 30 minutes pour se présenter au grand public, aux jeunes; son titre: "Femmes branchées". Au récent Forum de l’audiovisuel qui s’est tenu à

    Lausanne, c’est pas moins de 170 cassettes à thème religieux, éducatif qui

    ont été présentées au public. L’alternative à "Rambo" II ou à "Goldorak"

    existe...

    Le bus qui quitte Abidjan ce dimanche matin est à peu près à l’heure. A

    peine engagé sur le bout d’autoroute qui conduit dans le nord de la Côte

    d’Ivoire, l’aide chauffeur branche la vidéo. Durant les sept heures que durera le voyage, j’aurai droit à "Robocop" I et II, plus quelques clips musicaux, bien entendu occidentaux. Les dialogues sont couverts par le bruit

    du moteur, pas les bruitages des scènes de bagarre où des pistolets au laser font éclater la tête des protagonistes. C’est neuf heures du matin et,

    à l’avant du bus, serrés à deux par siège, cinq ou six gosses, dont des

    mignonnes fillettes aux tresses serrées, regardent le sang gicler la bouche

    ouverte. Vous avez dit inculturation? Sur d’autres lignes, tenues par des

    commerçants musulmans, le programme est différent: passage du coran et

    films d’édification islamistes. Mgr Beman Agré, ancien évêque de Man, petite ville à la frontière du Libéria, me parlait de ces clubs vidéo qui fleurissent dans tous les quartiers, dans tous les villages, même où il n’y a

    pas d’électricité. "Vous n’imaginez pas la consommation de cassettes vidéo!" Dans les rues de Man, j’ai compté un nombre impressionnant de boutiques proposant des csassettes vidéo. En vitrine: films karatés, films américains et beaucoup de porno; plus quelques films indiens ou égyptiens; peu

    de cassettes originales: la piraterie fonctionne.

    Près de la cathédrale de Man, dans trois pièces bercées par le ronronnement des climatiseurs, deux bancs de montage professionnels, une caméra, du

    matériel d’enregistrement, d’éclairage. Trois stagiaires s’entraînent, sur

    le balcon qui domine l’école de la mission, à faire un panoramique non bougé, d’abord sur pied, puis à l’épaule. Visionnement, critique. Une vingtaine de collaborateurs, formés sur place, encadrés par deux techniciens, produisent des bandes à l’usage de la catéchèse locale, des reportages sur la

    vie du diocèse (grand comme la Suisse) et des petits films (le dernier dure

    50 minutes) parlant de problèmes de société, les enfants abandonnés, l’école... Ces films sont présentés par des animateurs dans des groupes de jeunes, d’adultes. Ils provoquent des discussions. Je les ai présentés à des

    enseignants romands; accueil très positif.

    L’Inde est le plus important producteur de films. Trois fois plus que

    les Etats-Unis. Il y a donc une grande consommation d’images. Gaston Roberge, jésuite, travaille dans un centre de production de matériel audiovisuel

    pour les écoles, centre qui dépend d’un collège catholique. Objectif: tous

    les mois, un magazine d’une demi-heure sur un problème de société (par

    exemple le SIDA). Naïvement, je lui demandais combien de cassettes vidéo

    étaient diffusées? "Je ne sais pas, peut-être quelques milliers. Mais le

    gouvernement met à notre disposition un canal satellite et nous diffusons

    ainsi ces magazines à 6000 collèges." Qui ont chacun entre 3 et 5000 élèves... "C’est le gouvernement qui nous demande ça, qui le finance. On ne

    peut pas faire directement de l’évangélisation, mais le gouvernement demande que nos programmes fassent référence à des valeurs morales."

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus