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    La torture est monnaie courante. Mais qui donc s’en émeut?

    Droits de l’homme en Israël: une femme juive témoigne (110590)

    Paris, 11mai(APIC) Représentante de l’Association des femmes pour les

    prisonnnières politiques en Israël, Yael Oren était l’invitée cette semaine

    de la section française de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la

    torture (ACAT). Venue à Paris dans le but d’alerter l’opinion publique internationale sur les actes de torture et de violation des droits de l’homme

    dont sont victimes en Israël de nombreuses femmes palestiniennes et juives,

    Yael Oren a été reçue en ce début de semaine par Danièle Mitterrand, épouse

    du président de la République française.

    Voilà très exactement deux ans, en mai 1988, un groupe de femmes israéliennes inquiètes des conditions de détention de Palestiniennes arrêtées

    dans le cadre de l’intifada, le soulèvement palestinien, fondait l’Association des femmes pour les prisonnières politiques. Aujourd’hui, appuyée par

    de nombreuses adhérentes et sympathisantes en Israël et à l’étranger, cette

    Association assure aux détenues une aide humanitaire et judiciare, veille à

    leurs conditions de détention et alerte l’opinion publique internationale

    sur les violations répétées des droits élémentaires de ces femmes.

    C’est dans le cadre de cette action que Yael Oren, une Israélienne, membre de l’Association, a entrepris un voyage en France, à l’invitation de

    l’ACAT, pour demander au gouvernement, à des associations de défense des

    droits de l’homme et à l’opinion publique de faire pression sur le gouvernement israélien, notamment par le biais des ambassades, pour que cessent

    les tortures, que les soins médicaux nécessaires soient prodigués aux détenus.

    Actuellement, une cinquantaine de femmes palestiniennes sont emprison-nées pour des raisons politiques, dont certaines sont âgées d’une quinzaine d’années seulement. L’une de ces femmes, Aisha al-Kurd, qui était enceinte, a été contrainte d’accoucher pieds et poings liés. Une autre jeune

    femme, Intisar el Qaq, enceinte de huit mois, risque de connaître le même

    sort. Les tortures sont monnaie courante, et plusieurs femmes ont été violées. Une juive d’Haïfa, Victoria David, a été condamnée à trois ans d’incarcération pour avoir "transporté des messages qui pourraient aider l’ennemi" et pour "appartenance à une organisation hostile". Sous prétexte

    qu’elle est juive, elle est maintenue dans un isolement total.

    "Ce que je décris là n’est que la partie émergée de l’iceberg, affirme

    Yael Oren. Mais ces atrocités n’émeuvent guère l’opinion publique israélienne qui devient de plus en plus fasciste, notamment la jeune génération

    qui se reconnaît le droit de torturer, de tuer, de déporter les Palestiniens, y compris ceux qui ont la nationalité israélienne". pourtant, ajoute-elle, "les Israéliens sont conscients qu’ils seront amenés à faire des

    concession aux Palestiniens et que les rapports de force vont changer. Ils

    seront bientôt prêts à accepter une ébauche d’Etat Palestinien".

    Yael Oren a rencontré Mme Danièle Mitterrand, l’épouse du président de

    la République française, qui a fondé une association de défense des droits

    de l’homme. Elle doit encore être reçue par des représentants du ministère

    des Affaires étrangères. (apic/mjh/pr)

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