Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Les militaires en toute impunité

    Droits de l’homme en Amérique latine: la situation est alarmante (181291)

    Bogota, 18décembre(APIC) "Vous en connaissez beaucoup, vous, des gouvernements démocratiques en Amérique latine qui ne soient pas subordonnés aux

    pouvoirs militaires?" avait un jour répondu un ancien président vénézuélien

    à un journaliste. Cette affirmation, que ne démentirait sans doute pas le

    président Aristide après les événements en Haïti, les organisations de défense des droits de l’homme en Amérique latine la prennent volontiers à

    leur compte, elles qui ne cessent de dénoncer les atteintes aux droits de

    l’homme commises par les forces armées. En toute impunité. Et avec le silence complice voire la bienveillance des autorités civiles. Concession oblige... La libre répression pour les uns, le pouvoir politique pour les autres. Et le peuple entre deux, trop souvent victime.

    Au Salvador, une commission d’enquête de l’organisation catholique de

    défense des droits de l’homme, "Tutela Legal", vient de rendre public les

    résultats de deux ans d’investigation à propos du massacre de 794 civils

    commis en 1981 dans la région de Mozote, dans le département de Morazan.

    Elle accuse l’unité d’élite "Atlacatl" d’en être responsable. Unité du reste soupçonné d’être impliqué dans le meurtre des six jésuites de l’Université centro-américaine (UCA) de San Salvador en novembre 1989. Un massacre

    dans lequel a trempé le général René Emilio Ponce, ministre de la Défense

    du Salvador, affirmait en novembre dernier le New-York Times".

    Selon l’évêque auxiliaire de San Salvador, Mgr Gregorio Rosa Chavez, et

    la directrice de "Tutela Legal", Maria Julia Hernandez, les investigations

    ont été rendues difficiles en raison des obstacles posés par la Cour Suprême du pays, qui a de plus refusé l’exhumation des corps. En dépit des entraves et des barrières mises par la justice et la hiérarchie militaire,

    Soutient Maria Julia Hernandez, "Tutela Legal" a pu recueillir les informations détaillées, grâce aux témoins, sur ce massacre ainsi que sur le nombre de victimes.

    Les fosses communes du Guatemala

    Au Guatemala, plusieurs personnes appartenant à un groupe international

    de défense des droits de l’homme ont été récemment dans l’obligation de

    suspendre les exhumations de cadavres en raison des menaces de mort proférées par des organisations paramilitaires soutenues par certains secteurs

    de l’armée. Ces exhumations avaient commencé à la demande de diverses organisations locales, entre autres le Comité national de veuves du Guatemala

    (CONAVIGUA), qui regroupe plus de 10’000 femmes, indigènes pour la plupart.

    Ces femmes ont en commun la mort violente de leurs époux victimes de la répression qui, selon les estimations, a causé la mort d’au moins 50’000 personnes depuis 1980.

    Selon Lucia Quila, dirigeante du CONAVIGUA, qui a vu en 1982 son père,

    son mari et son frère assasinés par les militaires, il existe des centaines

    de tombes et de fosses communes dans les régions les plus habitées par les

    communautés indigènes: "Nous savons où se trouvent les tombes de nos êtres

    chers assassinés. Jamais je n’oublierai ce qui est arrivé à ma famille".

    Quant à Anne Manuel, une des responsables d’"American Watch", une organisation de défense des droits de l’homme dont le siège est aux Etats-Unis,

    Aucun membre des forces armées guatemaltèques n’a été jugé et encore moins

    condamné pour toutes ces violations. Elle affirme qu’au moins 23 personnes

    appartenant à des organisations semblables à la sienne ont été assassinées

    ou portées disparues depuis 1986, année qui vit un gouvernement civil prendre le relai de 30 ans de régime militaire. Pour elle, les exhumations doivent servir "à montrer la cruauté des militaires".

    Rapport accablant en Colombie

    En Colombie, un rapport présenté en septembre par le procureur général

    Carlos Gustavo Arrieta sur la recrudescence des violations des droits de

    l’homme dans le pays provoque pas mal de remous. Une situation que le procureur qualifie du reste "d’alarmante".

    Selon ce rapport, depuis que le président Virgilio Barco (1986-90) a

    créé en janvier 1990 un Bureau des droits de l’homme, 941 cas de violences

    physiques, 560 exécutions extra-judiciaires, 68 massacres, 664 cas de torture, 616 disparitions et 887 détentions arbitraires ont été enregistrés.

    Dans les zones rurales, l’armée est fréquement dénoncée pour être à l’origine d’assassinats, de massacres, de disparitions et de tortures. Principales victimes: les "campesinos". En zones urbaines, plus discrète, l’armée

    laisse faire "le travail" par la police, indique encore le rapport. Les

    victimes sont des indigènes ou des travailleurs du secteur informel.

    Parmi les 68 cas de massacres dénoncés, figure celui commis en août dernier dans la localité de Fusagasuga, à 80 kilomètres de Bogota, où cinq

    personnes d’une même famille ont trouvé la mort. "Un des membres de l’armée

    s’est approché de ma fille, il a sorti son arme pour l’abattre devant moi",

    témoigne une mère, Maria Belarmina Romero. Selon une enquête officielle, le

    massacre de Fusagasuga fait partie d’une nouvelle tactique anti-insurrectionnelle utilisée par l’armée: "les civils sont détenus, torturés, puis

    présentés plus tard comme des guérilleros morts lors d’affrontements".

    Au Vénezuela enfin, un rapport d’Amnesty International critique le gouvernement pour son attitude au sujet de l’exhumation des cadavres enterrés

    dans des fosses communes découvertes en 1990 au cimetière "La Peste", à Caracas, à la suite de la répression militaire en février et mars 1989. On

    accuse le gouvernement de mettre tout en oeuvre pour empêcher le jugement

    des responsables de ces actes. On s’alarme surtout de constater que l’impunité institutionnalisée a fait son apparition dans la plus vieille des démocratie de l’Amérique latine.

    Tout cela sans parler du Pérou, où la répression continue de plus belle

    sous la présidence d’Alberto Fujimori et en dépit de ses promesses, ni du

    Brésil, pays dans lequel les forces paramilitaires et policières assassinent les enfants des rues. Les statistiques du Centre médico-légal de Rio

    de Janeiro sont éloquentes: 427 enfants ont été exécutés dans la seule ville de Rio depuis le début de l’année. (apic/na/pierre rottet)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus