DOSSIER SUR LE VOYAGE DU PAPE EN AMERIQUE LATINE (180488)
que latine. Il visitera l’Uruguay, le Bolivie et le Paraguay et s’arrêtera
à Lima pour participer à la clôture du 5e Congrès eucharistique et marial
des pays bolivariens. L’Agence APIC a réalisé un dossier de 5 articles
publiés cette semaine sur les enjeux de ce voyage.
Amérique latine : présentation religieuse du continent
Fribourg, 18avril(APIC/CIP) Puebla (1979) et Medellin (1968), les deux
grandes assemblées épiscopales du continent, 1992 et le 5e centenaire de la
"découverte" de l’Amérique, la misère, c’est le contexte dans lequel s’inscrit aujourd’hui l’action et la vie de l’Eglise en Amérique latine et qui
donnera un visage particulier à la visite du pape en mai prochain.
L’Amérique latine est considérée comme un continent presque
intégralement catholique. Comme la population y est jeune et le taux de
natalité très élevé, on peut compter que le continent occupera bientôt une
place de premier rang dans l’ensemble du monde catholique. Les débats qui
traversent l’Eglise latino-américaine revêtent donc une grande importance
pour l’Eglise universelle.
Un continent chrétien ?
Depuis le Concile Vatican II et en partie grâce aux deux grandes
assemblées épiscopales de Medellin (1968) et de Puebla (1979), l’Eglise du
continent s’est profondément rénovée. Des communautés de base ont été
créées en beaucoup d’endroits et de nombreux chrétiens ont retrouvé le sel
de l’Evangile dans leur vie quotidienne. Certains ont été enthousiasmés par
cette extraordinaire dynamique, d’autres inquiétés. Certains milieux
ecclésiastiques et politiques, tant sur le continent qu’en-dehors, se sont
opposés à Medellin et à Puebla.
Toutefois, l’Amérique latine n’est peut-être pas aussi chrétienne qu’on
le dit. Il y a en Bolivie et au Pérou des communautés indiennes qui
semblent n’avoir été que superficiellement atteintes par le christianisme.
Les Indiens
En 1992 sera célébré le 5e centenaire de la "découverte" de l’Amérique.
Une population indigène vivait pourtant depuis des millénaires sur le
continent et elle avait développé des civilisations remarquables.
Ceux qui se sentent proches des vainqueurs et ceux qui se sentent
proches des vaincus voient cet anniversaire d’un oeil très différent. Les
conquérants ne se sont pas conduits comme des enfants de choeur : des
civilisations entières ont été anéanties, des populations exterminées ou
décimées et colonisées. Certains effets de la colonisaiton subsistent
jusqu’à aujourd’hui ou la question indienne se superpose souvent à la
question sociale. Même si on peut à juste titre parler en Amérique latine
de culture métisse - Notre-Dame de Guadalupe par exemple en constitue un
symbole -, certains groupes indiens ont toujours résisté à l’assimilation
et l’on assiste aujourd’hui à un réveil de leurs aspirations.
La misère et les disparités sociales
Dans les quatre pays que le pape va visiter, la misère est massivement
présente et ses victimes de plus en plus nombreuses. La réalité est
d’autant plus dramatique qu’elle n’est pas un fruit du hasard, mais bien de
la domination de l’homme par l’homme. Cette situation interpelle les
Eglises, mais on est bien obligé de constater deux grandes tendances parmi
les chrétiens : d’un côté un christianisme garant moral de l’ordre, de la
propriété et de la sécurité, taxant de séditieux ceux qui posent en termes
structurel le problème de la pauvreté et, d’un autre côté, un christianisme
résolument attentif aux misères réelles de l’immense masse des pauvres.
Entre ces deux courants, toutes les nuances existent. Dans son ensemble,
l’Eglise latino-américaine a cependant opté, du moins en principe, pour un
engagement aux côtés des pauvres.
Le soutien explicite de fractions importantes de l’Eglise aux populations opprimées a entraîné une répression plus ou moins violente selon les
régions et les régimes, mais nombreux sont les chrétiens et les pasteurs
qui ont payé de leurs souffrances, voire de leur sang, le choix qu’ils ont
fait. On peut citer ici le cas de Mgr Romero, l’archevêque de San Salvador
assassiné.
Le rapprochement entre l’extrême pauvreté d’une grande partie de la
population et le montant élevé des frais occasionnés par la venue du pape
provoque un certain nombre de réactions dans les milieux tant politiques
qu’ecclésiastiques. Au Pérou, par exemple, des voix se sont élevées pour
mettre en doute l’important budget prévu par l’Eglise (près d’un
demi-million de dollars), alors que l’Etat, de son coté, devra supporter le
coût des mesures de sécurité. (apic/cip/ym)