"A coeur ouvert" sur l’Eglise catholique dans le Jura pastoral (041089)
Delémont, 4octobre(APIC) En complément au Dossier-Jura publié mardi 3
septembre sous le titre "A coeur ouvert sur l’Eglise catholique dans le Jura pastoral", il convient de distinguer l’organisation de l’Eglise pastorale dans le Jura, qui couvre le nord et le sud y compris Bienne et le statut
complètement différent que connnaît le Canton du Jura depuis sa création.
Le Jura reconnaît deux Eglises, catholique et protestante. Toutes deux sont
autonomes, contrairement à leur statut précédent qui faisait d’elles des
Eglises cantonales au sein du canton de Berne. Elles sont désormais reconnues par le Jura comme collectivités de droit public.
Ces deux entités ont chacune leur propre constitution et administration.
Ainsi, l’Eglise catholique dans le Jura paie ses prêtres et gère l’ensemble
des affaires qui la concerne. L’Etat jurassien subventionne de façon relativement importante les deux Eglises.
L’innovation ne s’arrête cependant pas à la seule séparation EgliseEtat. En matière d’octroi de vote aux étrangers, la Constitution ecclésiastique ratifiée par l’évêque du diocèse, alors Mgr Antoine Hänggi, et soumise au vote populaire le 16 décembre 1979, va beaucoup plus loin que ne le
fait l’Etat dans sa Constitution. Contrairement à cette dernière, qui stipule que seuls les étrangers établis dans le Jura depuis 10 ans sont électeurs en matière cantonale et communale, sauf lors d’une révision constitutionnelle, la Constitution ecclésiastique jurassienne l’octroie, elle, à
toute personne étrangère âgée de 16 ans dès le dépôt de ses papiers.
S’agissant du droit d’éligibilité, restreint au niveau politique puisque le
Jura ne l’accorde que pour siéger dans des commissions ou autres conseil de
prud’homme, tribunaux des baux à loyer et postes de fonctionnaires, toujours après 10 ans de résidence, l’Eglise va là également plus loin en
l’octroyant sans restriction à toute personne dès l’âge de 18 ans.
Dans le Jura, il y a donc une séparation très nette entre l’organisme
s’occupant de la pastorale (le centre pastoral), et l’organisme s’occupant
des affaires matérielles qui est la Collectivité ecclésiale cantonale. Cette dernière est organisée de la façon suivante: le pouvoir législatif,
exercé par une Assemblée de 60 membres, dont plusieurs étrangers; le pouvoir exécutif, exercé par un Conseil de cinq membres; le pouvoir judiciaire, enfin, exercé par la Commission juridictionnelle, également de cinq
membres. Parmi les 60 personnes de l’Assemblée de la collectivité, 5 sont
nommées par l’évêque et 55 sont élus démocratiquement au suffrage universel. (apic/pr)