pour le 50e anniversaire de la "Nuit de Cristal"
"Accepter le fardeau de l’histoire"
Bonn, 20octobre(APIC) Il y a cinquante ans, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, les synagogues des communautés juives d’Allemagne et d’Autriche (tout juste annexée par le Reich) furent incendiées par les nazis et
les juifs furent victimes de pogroms. Dans une déclaration commune publiée
jeudi à l’occasion de ce tragique anniversaire, les Conférences épiscopales
d’Allemagne, de Berlin (qui comprend les évêques d’Allemagne de l’Est) et
d’Autriche, ont regretté que les Eglises chrétiennes n’aient pas à l’époque
condamné la persécution des juifs par le régime national-socialiste. Ils
demandent d’ "accepter le poids de l’histoire".
Dans leur déclaration - la première qu’ils rédigent ensemble - les
évêques allemands et autrichiens reconnaissent explicitement que leurs
prédécesseurs dans l’épiscopat n’ont élevé aucune protestation commune du
haut de la chaire. Cette attitude de retrait des évêques d’alors s’explique
uniquement par le combat mené contre les Eglises par les nationaux-socialistes. A cette époque, il s’agissait pour les Eglises d’une question de vie
ou de mort, souligne la déclaration. Les évêques se demandent pourtant s’il
n’aurait pas été possible en novembre 1938 d’organiser certaines formes de
"solidarité fraternelle", comme par exemple une prière commune pour les
persécutés innocents ou une affirmation renouvelée et démonstrative du commandement chrétien de l’amour.
Les évêques ouest-allemands, est-allemands et autrichiens relèvent encore que des siècles durant, des erreurs, des malentendus et des préjugés sur
la foi et la religion ont gravement altéré les relations entre les chrétiens et les juifs. C’est de là que viendraient, à côté des ressentiments
politiques, sociaux et économiques, les sources de l’antijudaïsme, qui
s’est également répandu parmi les catholiques. Dans leur appel à la réconciliation, les évêques reconnaissent la nécessité d’une ouverture au dialogue, tant du côté des juifs que des chrétiens, tout en montrant du
respect pour ceux qui ont eu à souffrir eux-mêmes de la persécution, et
ceux des générations suivantes, qui ne peuvent encore faire montre de cette
ouverture, tant est profonde leur douleur. (apic/kna/be)