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    Nairobi: Le bradage de la terre aux multinationales discuté à l’Eglise luthérienne africaine

    Divisions sur l’opportunité de céder des terres sur le dos des petits paysans

    Nairobi, 19 octobre 2009 (Apic) Les nouveaux accords par lesquels les gouvernements africains concèdent des terres agricoles à des gouvernements étrangers et des sociétés multinationales pour la production de nourriture pourraient, au bout du compte, profiter aux habitants du continent, a affirmé un évêque luthérien. Qui prend ainsi le contre-pied de ce qu’affirment les ONG mondiales, qui dénoncent avec vigueur ce bradage de la terre au détriment des petits paysans.

    "Bien que je ne sois pas d’accord avec le fait que ces multinationales viennent en Afrique, nous devons étudier la question, parce que nous ne savons pas ce qui se passera à long terme", a déclaré le pasteur Paul Kofi Fynn, de l’Eglise évangélique luthérienne du Ghana, lors d’une réunion sur les changements climatiques organisée à Nairobi, au Kenya.

    Selon le pasteur Fynn, cependant, il est nécessaire de se pencher sur la situation, citant le cas d’un village du Ghana qui, affirme-t-il, tire profit d’un accord par lequel des terrains ont été concédés.

    On sait que des pays comme la Chine, l’Arabie saoudite, la Malaisie, la Corée du Sud et le Qatar achètent ou exploitent des terrains pour cultiver de la nourriture. D’autres pays - d’Europe et d’Amérique du Nord - acquièrent des terrains pour produire des agro carburants.

    Cette situation - que certains observateurs assimilent à une spoliation des terres du XXIe siècle - ne fait pas l’unanimité dans certains milieux.

    "Le Kenya a été pris pour cible", a déclaré l’évêque Walter Obare, de l’Eglise évangélique luthérienne du Kenya, évoquant des terrains proches de l’aéroport international de Nairobi. "Dans des zones arables comme Eldoret (Ouest), de grandes organisations sont venues produire pour leurs propres gens. Nous ne nous taisons pas, car des individus meurent de faim"."

    Le pasteur Elieshi Mungure, conférencier au Collège universitaire Makumira de l’Université luthérienne Tumaini, en Tanzanie, a pour sa part estimé que la privatisation des terres a un impact négatif sur les gens ordinaires. "Les gens sont rejetés à la périphérie. Ils viennent dans les églises en pleurant et les églises sont contraintes de sortir pour aller trouver de quoi manger pour eux", a affirmé le pasteur Mungure. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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