Disparitions et assassinats au Pérou: (201287)
Lima, 20décembre(APIC) La chambre des députés péruviens a décidé mercredi
16 décembre de se pencher sur le sort des 2700 détenus-disparus et d’enquêter sur la mort de quelque 3000 personnes assassinées durant ces 7 dernières années au Pérou à la suite de la violence terroriste et de la lutte
antisubversive.
Une commission composée de 10 députés issus des rangs de la majorité et
de l’opposition devra établir dans quelles circonstances se sont produits
ces différents massacres et donner une réponse au sujet du destin des
séquestrés aujourd’hui disparus sans laisser de trace. Séquestres attribués
aux forces armées. En désignant une telle commission, le pouvoir législatif
péruvien a ainsi donné raison aux multiples requêtes émanant de l’Association péruvienne des familiers de détenus et disparus (ANFASEP), de la
Fédération latino-américaine des familiers de détenus et disparus (FEDEFAM)
et de nombreux parlementaires.
En novembre dernier, à la manière des mères de la "Place de Mai", en Argentine, une délégation d’une cinquantaine de mères et d’épouses de l’ANFASEP avait précisément manifesté dans les rues de Lima. A cette occasion,
les protestatrices avaient exigé que cessent les tortures, les meurtres et
les disparitions.
Angelica Mendoza, porte-parole de l’ANFASEP avait en outre affirmé que
sur les 2700 disparitions officiellement établies, 210 le sont depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel chef de l’Etat, le président Alan Garcia. En
précisant notamment que ce chiffre est bien inférieur à la réalité puisque
les statistiques de l’Association en recensent 450. D’un autre côté, certains organismes ou associations défendant les droits de l’homme mentionnent pour leur part que le nombre de disparus au Pérou pourrait osciller
entre 3000 et 5000 ces 7 dernières annés. Ces mêmes sources estiment entre
10 000 et 15 000 les assassinats généralement commis contre la population
civile durant ce laps de temps par la subversion et les forces armées.
Selon un communiqué officiel de l’armée, le dernier massacre attribué au
"Sentier lumineux" remonte au jeudi 11 décembre passé. Une vingtaine de
personnes, au nombre desquels figureraient des "campesinos" et des dirigeants communaux, auraient perdu la vie dans le village de Rumi Rumi, dans
le département d’Ayacucho. Le député Moises Tambini, membre de cette commission, a expliqué à la presse que la plupart des cas de détenus-disparus
proviennent des régions d’Ayacucho et de Huancavelica, dans la partie sud
centrale du pays, cependant que les meurtres dénoncés couvrent pratiquement
l’ensemble du Pérou.
La commission parlementaire disposera de 90 jours pour mener à bien son
travail. Sa tâche débutera au cours de ces prochaines semaines.
(apic/pr/be)