De hauts dirigeants des deux grandes confessions religieuses au Mali se sont engagés dans une vaste campagne nationale pour la promotion du droit des femmes et la lutte contre les violences domestiques.
L’Imam Cherif Madani Ousmane Haidara, président du Haut Conseil islamique (CIM), et le père Ferdinand Coulibaly, représentant de la Conférence épiscopale (CEM), se sont engagés pour la promotion des droits de la femme dans le pays. Ils sont apparus dans une série de messages télévisés et radiophoniques soutenus par l’Initiative Spotlight lancé par l'Union européenne et les Nations Unis.
Dans ces messages, les responsables religieux dénoncent les violences faites aux femmes. «De nombreux hadiths du Prophète portent sur le respect des femmes. Dieu lui-même prend soin de quiconque protège les femmes», déclare l’Imam Haïdara.
Le Père Coulibaly fait référence aux enseignements de la Bible pour soutenir les relations respectueuses, en disant: «Les femmes ne sont pas des esclaves, pas des biens. Prenons soin des femmes, traitons-les comme nous nous traitons et aimons-les comme nous nous aimons. Faisons aux autres comme nous ferions pour nous».
Ces messages, visionnés plus de 40 millions de fois, entrent dans le cadre d’une campagne de l’Initiative Spotlight qui travaille avec plus de 300 chefs religieux musulmans et catholiques à travers le Mali. L’objectif est de changer les attitudes qui perpétuent la violence. Il s'agit en outre de soutenir dix centres qui ont accueilli des centaines de victimes de violences, depuis 2018.
Selon des estimations de l’UNICEF, plus de 35% des Maliennes sont victimes de violences, et 71% ont été mariées avant l'âge de 18 ans. A cause des traditions, les victimes de violence ont souvent honte d’en parler ou si elles en parlent, l’affaire est étouffée en famille. Les femmes maliennes souffrent aussi des conséquences des mutilations génitales. L'Initiative Spotlight, est un partenariat pluriannuel entre l'Union européenne et les Nations-Unies.(cath.ch/ibc/mp)