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    Directives éthiques du groupe de dialogue "Eglises-Entreprises" (050290)

    Pour un usage responsable de la technologie génétique dans l’industrie

    Berne, 5février(APIC) La biotechnologie industrielle et le "génie génétique" (qui permet de modifier de façon ciblée des parties du patrimoine génétique) représentent un des marchés du futur. Mais ces techniques développées depuis une vingtaine d’années à peine, suscitent aussi craintes et interrogations : c’est dans le but d’y répondre que le groupe de dialogue

    "Eglises-Entreprises" a présenté lundi à Berne des directives éthiques pour

    un usage responsable du génie génétique dans l’industrie.

    L’enjeu économique est en effet d’importance : actuellement, le chiffre

    d’affaires de cette branche d’activité aux Etats-Unis et dans les pays européens les plus développés atteint les 2 milliards de francs et devrait

    quintupler avant l’an 2’000, a relevé Kaspar von Meyenburg, chef du département biotechnologie de Ciba-Geigy à Bâle. Grâce à la génétique moderne et

    à la biologie moléculaire, il est désormais possible de programmer avec

    précision des modifications génétiques et d’appliquer ces découvertes dans

    le domaine de la santé (nouvelles sortes de médicaments et vaccins, par ex.

    contre l’hépatite B; insuline humaine, interféron, etc.), de l’agriculture

    (développement de variétés de végétaux aux propriétés génétiquement optimisées, etc.), de l’environnement ou de la technologie alimentaire. Au niveau

    économique, ces technologies créent une forte valeur ajoutée tout en ne

    consommant que très peu de matières premières.

    Excluant d’emblée dans son analyse l’application du génie génétique à

    l’homme - ce secteur ne fait pas directement partie du champ d’activité industriel - le groupe de dialogue "Eglises-Entreprises" a émis un certain

    nombre de principes éthiques fondamentaux comme la prééminence de la raison

    éthique sur la raison purement technique (l’homme ne doit pas faire tout ce

    qu’il peut faire); le choix des activités de recherche et leurs applications dont on peut assumer la responsabilité du point de vue éthique; l’inviolabilité de l’intégrité génétique de l’homme; la priorité donnée à la

    sécurité sur la rentabilité et au bien commun sur la réalisation des intérêts individuels, etc. En outre, ces thèses sont concrétisées sous la forme

    d’idées directrices utilisables dans la pratique.

    Pour une réglementation légale en matière de génie génétique

    Rappelons qu’actuellement les expériences de génie génétique pratiquées

    en Suisse et ne relevant pas de la classe de risques la plus basse, doivent

    être annoncées à la Commission suisse pour la sécurité biologique dans la

    recherche et la technique (CSSB), qui délivre une autorisation en accord

    avec l’Office fédéral de la santé publique. Le groupe souhaite toutefois,

    "pour promouvoir clarté et transparence", une réglementation légale en matière de génie génétique.

    Notons que ces "Idées directrices", qui n’analysent pas les conséquences

    des développements de la biotechnologie dans le tiers-monde (risques de dépendance accrue face à ces nouvelles technologies, productions de substitution aux dépens de pays producteurs de matières premières, etc.), ont été

    notamment distribuées aux membres de la direction de Ciba-Geigy en Suisse

    et aux chefs des filiales et des divisions biologie à l’étranger. Elles feront désormais partie des principes contraignants de l’entreprise, a révélé

    l’un de ses employés, Franz G. Gerny. (apic/be)

    Encadré

    Le groupe de dialogue "Eglises-Entreprises"

    Le groupe de dialogue, présidé par le banquier fribourgeois Philippe de

    Weck, ancien président de l’UBS, regroupe des personnes de différentes confessions, occupant de hautes responsabilités dans les Eglises ou de grandes

    entreprises multinationales. Il a été fondé en 1975 dans le but de mener

    une réflexion éthique dans le domaine économique et d’instaurer le dialogue

    après certaines "incompréhensions" entre milieux d’Eglise et monde des affaires et de l’industrie, notamment suite aux critiques concernant les

    agissements d’entreprises suisses dans le tiers-monde, spécialement en

    Afrique du Sud.

    En font partie actuellement le pasteur Heinrich Rusterholz, président de

    la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), Mgr Hans Gerny,

    évêque catholique chrétien, Mgr Amédée Grab (qui remplace Mgr Vonderach),

    évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, ainsi que des responsables d’entreprises comme Rainer E. Gut (Crédit Suisse), Alex Krauer, président de Ciba-Geigy; Arthur Fürer, ancien président de Nestlé, Helmut Maucher, administrateur délégué de Nestlé. Le groupe, qui siège en rénion

    plénière deux fois par an, bénéficie de l’appui de conseillers et fait appel, selon les thèmes traités, à des experts de divers horizons. Le thème

    actuellement traité par le groupe de dialogue est le surdendettement du

    tiers-monde, mais il n’est pas sûr que ces discussions fassent l’objet

    d’une publication, a relevé lundi Philippe de Weck. (apic/be)

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