Approfondissement de la réflexion théologique
Coire, 2janvier(APIC) Les assistants pastoraux du diocèse de Coire ne seront peut-être bientôt plus engagés pour un ministère non limité dans le
temps. Ils ne recevront peut-être plus, à côté de la "Missio canonica" indispensable à un travail concret en paroisse, l’"Institutio", valable pour
tout le diocèse. Lorsqu’il a demandé l’"Institutio", Arnold Landtwing, assistant pastoral à Rüti-Tann (ZH), s’est vu répondre : "l’évêque et le conseil épiscopal, après des réflexions de fond, aimeraient renoncer à accorder l’"Institutio"", car "ces dernières années dans le conseil épiscopal
des réserves théologiques et ecclésiologiques dans un sens large se sont
affirmées de plus en plus contre l’"Institutio"".
Les directives pour l’engagement des assistants et assistantes pastoraux
font une distinction entre l’"Institutio" et la "Missio canonica". Elles
ont été approuvées en 1978 par la Conférence des Ordinaires de la Suisse
alémanique (DOK) et ont été mises en vigueur par les évêques dans les diocèses de Bâle, Coire et Saint-Gall. "L’"Institutio" est l’entrée en
fonction pour une activité pastorale non limitée dans le temps" et elle est
un engagement réciproque entre l’évêque et l’assistant pastoral. La "Missio
canonica", qui vient ensuite, est l’envoi pour un service pastoral concret.
Mieux différencier les ministères
"Deux raisons ont motivé la décision de l’évêque et du conseil épiscopal" a confié à l’agence APIC Christoph Casetti, vicaire épiscopal du diocèse de Coire. D’abord, on a de plus en plus le sentiment que l’"Institutio" imite l’incardination des prêtres dans le diocèse, tendance que l’on
veut freiner. De plus, la cérémonie de l’"Institutio" a reçu un caractère
parallèle à celui que revêt l’ordination sacerdotale. D’autre part, l’évêque ne peut garantir une place à personne : en effet, ce n’est pas lui,
mais la paroisse qui décide, puisqu’elle paie les assistants pastoraux.
Les assistants pastoraux eux-mêmes tiennent à l’"Institutio" : "elle a
une signification avant tout personnelle en tant qu’engagement entre l’évêque et moi", a souligné Arnold Landtwing, qui a ajouté que la "Missio canonica", contrairement à ce qu’affirme la lettre qu’il a reçue de Coire, ne
crée pas pour lui cet engagement. Des critiques se sont élevées contre le
fait que la décision de renoncer à accorder l’"Institutio" n’ait pas été
discutée dans les différents conseils, presbytéraux ou non.
La situation dans les autres diocèses
Le problème se pose diffiéremment en Romandie. Ainsi, le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg compte peu d’assistants pastoraux : trois dans la
partie francophone du canton de Fribourg. Engagés par la paroisse, ils reçoivent la "Missio canonica" de l’évêque. S’ils n’ont pas de cahier de
charges, ils partagent les responsabilités pastorales avec les prêtres. La
Suisse romande ne connaît pas l’"Institutio".
50 assistants pastoraux exercent actuellement leur ministère dans le
diocèse de Coire, explique Christoph Casetti. Moins de la moitié d’entre
eux seulement ont reçu l’"Institutio". Le diocèse de Bâle, qui a fait oeuvre de pionnier en matière d’engagement des assistants pastoraux, en emploie
environ 200 - dont 30 femmes - selon Alois Reinhard-Hitz, du vicariat épiscopal pour le personnel. Tous ceux qui se sont décidés pour un service permanent dans le diocèse reçoivent l’"Institutio" depuis 1978.
A Saint-Gall, comme à Bâle, l’"Institutio" est comprise commr étant parallèle à l’incardination des prêtres dans le diocèse. Les assistants pastoraux, comme les prêtres, sont pris en charge par la caisse de pension.
Ils sont 49 à travailler dans le diocèse.
Une décision qui n’est pas définitive
La décision de renoncer à accorder l’"Institutio" dans le diocèse de
Coire n’est pas encore définitive, a affirmé Christoph Casetti. Il ne
s’agit pas de rendre plus précaire le statut des théologiens laïcs, dont
l’activité patorale conserve toute sa valeur, auraient précisé à plusieurs
reprises Mgr Johannes Vonderach, évêque, et Mgr Wolfgang Haas, évêque coadjuteur. (apic/ra/cor)