Dimanche 17 juin: Journée des réfugiés (140690)
Fribourg, 14juin(APIC) Plus de 24’000 demandes d’asile ont été déposées
en Suisse en 1989. Un chiffre record et un défi pour tous ceux et toutes
celles qui s’engagent dans le cadre de l’hébergement et de l’encadrement
des requérants d’asile. Un défi à relever, certes, mais aussi une réflexion
qu’il conviendra de faire à l’occasion du dimanche 17 juin, Journée des réfugiés, journée au cours de laquelle se dérouleront ce week-end en Suisse
diverses activités. Dans le Jura, par exemple, Caritas-Jura, SOS-Asile et
Magasins du monde se sont unis pour préparer dans plusieurs localités diverses animations et manifestations.
L’engagement des uns et des autre pour soutenir l’effort d’encadrement
des réfugiés est une chose. Les ressources pour le permettre en est une autre. Dans un appel lancé pour la Journée des réfugiés, Mgr Pierre Mamie,
évêque de Lausanne, Genève et Fribourg demande aux fidèles d’ouvrir leurs
bourses à l’occasion de la quête de dimanche prochain destinée aux réfugiés. Un geste que l’Entraide protestante suisse (EPER) demande de son côté
d’accomplir pour cette Journée placée sous le thème "Ensemble franchissons
les frontières".
Les Eglises catholique et protestante en Suisse, par Caritas et l’EPER
notamment, multiplient les efforts pour encourager l’intégration des réfugiés reconnus tout en revendiquant de la Suisse qu’elle s’engage pour éliminer les causes qui obligent les réfugiés à fuir. Multiplient les efforts
aussi pour amener les gens à surmonter la peur de l’étranger, à s’interroger sur les causes de l’hostilité croissante envers lui et ainsi concrétiser une vision réelle d’une nouvelle coexistence solidaire. Le Service des
réfugiés de l’EPER, sur mandat des Eglises cantonales, dispense des conseils juridiques, des cours de langue et de formation professionnelle, une
aide matérielle et une assistance au cours des auditions des requérants. La
cible visée par la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS)
pour le Service des réfugiés est fixée à 787’000 francs pour 1990.
Un travail qu’accomplit également ponctuellement pour sa part Caritas
Suisse, qui a géré l’an passé 27 centres transitoires et foyers situés dans
plusieurs cantons. Pendant l’année écoulée, plus de 17’000 auditions de requérants d’asile ont eu lieu. Des centaines de volontaires, femmes et hommes, se sont à nouveau engagés avec Caritas pour accompagner les requérants
aux auditions, veiller au respect de la procédure et aider les fonctionnaires à éclaircir les faits.
Même si les collaboratrices et les collaborateurs de Caritas ont rencontré beaucoup de compréhension auprès d’une partie de la population suisse,
force est de constater que la xénophobie connaît aujourd’hui une recrudescence.
Encourager l’intégration des réfugiés reconnus
Caritas ne s’engage pas seulement auprès des requérants d’asile, mais
s’occupe aussi des réfugiés qui ont obtenu ce statut. Ces derniers, note
l’oeuvre d’entraide catholique, sont souvent confrontés à de grandes difficultés du fait qu’ils sont ballottés entre deux cultures: ils désirent
s’intégrer à leur nouveau pays, mais ils tiennent également à conserver
leurs traditions et leurs cultures.
Dans une prise de position détaillée, Caritas a donné, l’an dernier, son
avis sur le rapport stratégique du Conseil fédéral pour la politique des
années 90 en matière de réfugiés. Caritas s’est prononcée pour un remaniement de la loi sur l’asile dans un sens d’une ouverture. Parallèlement, elle a insisté sur la nécessité pour la Suisse de s’engager davantage à combattre les motifs de fuite. Dans la même ligne, elle a soutenu la proposition visant, dans le cadre d’un nouvel "ordre migratoire", à mieux séparer
la politique d’asile de la politique relative aux étrangers. (apic/ca/pr)