Comme chaque 6 janvier, le pape a célébré en la basilique Saint-Pierre de Rome la messe de l’Épiphanie, fête qui rappelle la manifestation de Jésus à des Mages venus d’Orient. Dans son homélie, il a insisté sur le fait que «Dieu cherche tout le monde, toujours». Le pape a ensuite récité la prière de l'Angélus avec la foule réunie place Saint-Pierre.
Sur les notes du traditionnel chant de Noël Adeste fideles, le pape François est arrivé en fauteuil roulant dans la basilique Saint-Pierre et s’est placé au pied du pilier droit du chœur, devant le grand baldaquin du Bernin. C’est en présence d’une quarantaine de cardinaux, de plus de 200 prêtres et d’environ 5’000 fidèles qu’il a présidé la célébration durant laquelle a été lu le récit de la visite des Mages. En Italie et au Vatican, cette fête religieuse est marquée par un jour férié.
Dans son homélie, le pape a décliné les caractéristiques de l’étoile qui a guidé les Mages jusqu’à Bethléem selon l’évangéliste Matthieu. «Elle est lumineuse, elle est visible par tous et elle indique le chemin», a-t-il résumé.
Le chef de l’Église catholique a expliqué que les Mages n’avaient pas suivi «les indications d’un code secret» mais que l’étoile était «toujours là, accessible à quiconque lève les yeux vers le ciel, à la recherche d’un signe d’espérance».
Cela démontre que «Dieu ne se révèle pas à des cercles fermés ou à quelques privilégiés», a-t-il fait remarquer, ajoutant que les représentations traditionnelles des Mages symbolisent l’universalisme chrétien, avec des personnages aux «traits qui recouvrent tous les âges et toutes les races».
L’étoile doit rappeler que Dieu «vient dans le monde pour rencontrer chaque homme et chaque femme de la terre, quelle que soit son ethnie, sa langue ou son peuple», a-t-il insisté. Elle est un appel à «bannir toute forme de sélection, de marginalisation et de rejet des personnes».
Reprenant des thèmes largement développés depuis le début de son pontificat, le pape a souligné le besoin de promouvoir «une forte culture de l’accueil» où «les verrous de la peur et du rejet sont remplacés par les espaces ouverts de la rencontre, de l’intégration et du partage».
Le Jubilé est aussi un «voyage intérieur»
Il a enfin dressé un parallèle entre le pèlerinage des Mages et le «voyage intérieur» auquel Jean Paul II avait invité les catholiques à l’occasion du grand Jubilé de l’an 2000. Un quart de siècle plus tard, alors que les “Portes Saintes” des grandes basiliques romaines viennent d’être ouvertes, le pape François a convié les croyants à partir «à la recherche du sens de la vie» en élargissant leurs cœurs et en faisant preuve de charité.
Dimanche, la cinquième et dernière “Porte Sainte” a été ouverte en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs en présence de plus de 3’000 fidèles. C’est le cardinal James Harvey, archiprêtre de la basilique, qui a présidé la célébration.
Les fidèles du monde entier peuvent d’ores et déjà venir à Rome pour franchir une “Porte Sainte”, symbole pour l’Église catholique de la rencontre avec Jésus. Le premier des trente-quatre jubilés thématiques se tiendra du 24 au 26 janvier avec le “Jubilé du monde de la communication”. Le pape rencontrera les communicants et journalistes venus en pèlerinage le 25 janvier et célèbrera avec eux une messe le lendemain.
l'Épiphanie, jour férié
En ce jour – férié au Vatican et en Italie – qui célèbre la manifestation de Jésus aux Rois Mages venus d’Orient, le pape François est apparu à la fenêtre du Palais apostolique pour réciter la prière de l’angélus avec la foule réunie place Saint-Pierre.
Dans sa catéchèse, il a voulu insister sur un paradoxe: «Tandis que les mages venus de loin arrivent pour trouver Jésus, ceux qui se trouvent à proximité ne font pas un pas vers la grotte de Bethléem». Il a tenu à souligner l’énergie déployée par ces mages pour atteindre leur but. Ils ont dû faire face «à des dépenses considérables» et accepter «les risques et les incertitudes», a-t-il notamment imaginé.
«À quelle catégorie appartenons-nous aujourd’hui?»
A contrario, les habitants de Jérusalem, «qui devraient être les plus heureux et les plus prêts à venir, restent inertes», a-t-il constaté à la lecture du récit de l’évangéliste Matthieu. Même les «prêtres et les théologiens», qui avaient pourtant bien interprété les Saintes Écritures et savaient où devait naître le Messie, «ne bougent pas de leur chaire», s’est-il étonné.
Pour le pape, l’Épiphanie doit ainsi être l’occasion d’un examen de conscience. «À quelle catégorie appartenons-nous aujourd’hui?», a-t-il lancé aux fidèles. «Sommes-nous plus proches des bergers qui se sont précipités vers la grotte cette nuit-là et des mages d’Orient qui sont partis avec confiance à la recherche du Fils de Dieu fait homme, ou sommes-nous plus proches de ceux qui, bien que physiquement très proches de lui, n’ouvrent pas les portes de leur cœur et de leur vie, restent fermés et insensibles à la présence de Jésus?», a-t-il enfin demandé. (cath.ch/imedia/hl/bh)